Je crois avoir vu tous les courts-métrages de Sandberg et je suis plutôt fan. Celui qui est à la base de ce film n'est pas mon préféré et l'idée qu'il pouvait être adapté en long métrage me laissait dubitative. Je ne m'attendais pas à un chef-d'oeuvre, je n'ai donc pas été trop déçue.
Sandberg ne se casse pas trop la tête pour remplir ses 80 minutes de films. En gros, il multiplie les 2 minutes 40 du court-métrage par 30 pour obtenir 80, c'est à dire qu'il va littéralement répéter ce qui se passe dans le court autant de fois qu'il faut pour atteindre 1h20. En gros, il s'agit d'une créature qui joue à une sorte de 1, 2, 3 soleil avec la lumière. Elle avance quand la lumière s'éteint et est invisible quand elle se rallume. Il étoffe un peu le scénario en y ajoutant du déjà vu et revu ailleurs - psychiatrie, dépression maternelle - pour expliquer l'origine de la créature, et emballé c'est pesé !
Mais ce serait trop facile. Passée la longue première scène dans l'entrepôt digne du court-métrage en terme de frousse, le reste est ennuyeux, car trop répétitif et sans originalité. Les personnages sont clichés, y compris la créature allergique à la lumière dont on ne saura pas grand-chose, en particulier pourquoi elle persiste à sortir de l'obscurité et à attaquer des êtres qui n'ont rien à voir avec son histoire douloureuse. Au final, je n'ai pas compris l'origine de l'aversion de Diana pour la lumière et son mode de déplacement particulier.
Quel est le lien avec sa mort à l'hôpital psychiatrique ? Et quel est le lien avec la dépression de la mère ?
On sent une maladroite tentative de lier tout ça, mais c'est un peu foireux.
Les personnages passent le plus clair de leur temps à allumer et éteindre des lumières en tous genres : lampes (à ampoule, à dynamo, à lumière noire), bougies, phares de voitures, poêle... Tout ce qui peut traîner dans la maison y passe ! Il ne manquait plus que le briquet et les allumettes. Et comme toujours, tout ça grésille, s'éteint au plus mauvais moment.
J'ai juste un petit problème de compréhension. Diana semble focalisée sur l'électricité : elle enlève les ampoules, coupe les fils électriques et sait même couper l'alimentation générale, la bougresse. Dans ce cas, c'est con d'utiliser des bougies ou de ne pas utiliser des piles. Et personne ne trouve bizarre qu'aucun personnage (sauf un à la fin) ne pense à utiliser la lampe torche de son téléphone, à l'heure où celui-ci fait partie intégrante de tous les films actuels ? De même, dès que toute la maison est plongée dans le noir, chaque personnage muni d'un éclairage a la manie d'aller se balader seul dans la maison, alors qu'ils pourraient tous aller dans la voiture et allumer les phares pour éloigner Diana. Les phares ne sont pas reliés à l'alimentation générale, je dis ça comme ça. Ils pourraient même partir avec la voiture et aller dans un endroit moins vaste et plus facile à contrôler, mais ça, c'est peut-être trop leur demander.
Sandberg utilise les jump scares dans ses courts-métrages, mais sur un temps court, ça passe. Sur 1h20, ça devient pénible, d'autant plus que chaque jump scare est accompagné d'une musique assourdissante. Finalement, j'ai plus sursauté à cause du niveau sonore qu'à cause de ce qui se passait à l'écran.
Je ne m'étendrai pas sur la fin et me contenterai de la qualifier charitablement de "peu satisfaisante".
En résumé, Sandberg transforme un court-métrage simple et diablement efficace en gros fourre-tout fantastico-psychiatrique indigeste trop répétitif, bourré de clichés et de jump scares, et c'est bien dommage.
Pour voir le court : https://www.youtube.com/watch?v=vF8keYfncN4