Beaucoup s'en sont plaints, de cet Oscar du meilleur film étranger pour « Dans ses yeux ». Mais pour une fois il faut reconnaître que cette démarche venant de personnes déçus de ne pas avoir vu le « Prophète » d'Audiard non récompensé n'a rien de chauvin, et tient véritablement d'une appréciation supérieure de ce dernier au film de Juan José Campanella. Pourtant, je dois avouer que pour une fois, le choix final des Oscars sur la question n'a vraiment rien pour me déplaire. Passionnant de bout en bout par son intrigue menée de manière élégante et fine, l'oeuvre nous offre également une réflexion pertinente sur le sens de la justice, et surtout bien plus subtile que ce que nous pouvons voir habituellement sur des sujets sensiblement ressemblants. Mais ce qui marque aussi, c'est cette étonnante manière de mélanger les registres, passant ainsi avec aisance du polar assez sobre à une romance émouvante et toujours crédible portée par deux acteurs d'exception, d'autant que le discours sur les occasions manquées saura en toucher plus d'un... Pas de doute, on tient là l'un des plus beaux films de l'année, à la fois intimiste et spectaculaire, sensible et douloureux : du grand art.