En 1974 à Buenos Aires, Benjamin Esposito, agent fédéral, enquête sur le meurtre violent d'une jeune femme. 25 ans plus tard, il décide d'écrire un roman basé sur cette affaire classée en apparence, dont il a été témoin et protagoniste. Ce travail d'écriture le ramène à ce meurtre, qu’il n’a pas résolu entièrement et qui l'obsède depuis tant d'années, mais également à l'amour qu'il portait à sa collègue de travail. Ces souvenirs le replongent dans un monde d’angoisse et de mensonges.
Dans ses yeux est sublimé par l'argentin ténébreux et sensible Ricardo Darín et sa partenaire fabuleuse Soledad Villamil.
Né en 1959, Juan José Campanella est notamment célèbre pour avoir réalisé des séries à succès telles que New-York section criminelle, New-York unité, spéciale et plus récemment Dr House. Parfois, il apparaît à l’écran en tant qu’acteur.
En 2001 il fait la connaissance de Ricardo Darín dans son film intitulé Le fils de la mariée. C’est en 2010 qu’il connait la consécration pour Dans ses yeux, en recevant le Prix Goya du meilleur film étranger en langue espagnole et l'Oscar du meilleur film étranger. A la suite de ces récompenses, il écrit et réalise le film d’animation Metegol, dont il est la voix du principal personnage, sorti en salle le 18 juillet 2013.
Grâce à lui, Ricardo Darín, sous les projecteurs depuis l’âge de cinq ans, débute après plusieurs spots publicitaires et quelques rôles sans grand intérêt, une carrière d’acteur au cinéma. Sa fulgurante ascension lui vaut une grande attention de la part du public qui depuis le suit avec curiosité.
Ce polar mêle suspense, action et drame. Nous vivons les souvenirs du point de vue d’Esposito. Incertain à cette époque de ses compétences, il doute de lui jusqu’à ce qu’il se retrouve au commande d’une affaire qu’il refusait. Tout va changer. Pendant deux ans, sans relâche, Esposito et Pablo vont traquer le meurtrier qui se trouve être un grand fan de football américain. De là, Esposito dispose d’un avantage considérable sur lui. Lors de son arrestation, la scène virtuose se passe dans un stade sur un plan séquence de plusieurs minutes. Pendant l’interrogatoire d’Isidoro Gómez, le tueur (sans doute un des meilleurs "méchants" de l'histoire du cinéma), en l’espace de quelques instants, le regard du coupable se dirige sur le décolleté du chemisier d’Irène. Elle le regarde à son tour et perçoit dans ses yeux la perversité dégoulinante et fascinante de ce dernier. Irène use en toute finesse de la parole pour le faire avouer et cela est un exploit quand, le juge Fortuna Lacalle le libère pour avoir collaboré avec la justice. Impuissant face à la situation, le temps passe et le drame est oublié, ou presque.
En 1999, Esposito a rendu une ultime visite à Ricardo Morales, il analyse ce qu’il lui a dit à propos du meurtre de Gómez. Peu concevable, lui qui est contre la peine de mort. A ce moment précis, Esposito découvre la vérité et retourne au domicile du mari. Nul besoin de dialogue pour comprendre que Ricardo a fait à sa manière une prison pour le restant de la vie de l’assassin. La force de la scène est soulevée par son impact visuel.
Les flashbacks d’Esposito rappellent L’illusionniste de Neil Burger. A la fin du film également, un policier y décèle, à travers, toute la machination organisée par l'un des personnages principaux.
Les films étrangers peu connus mondialement, sont des pépites rares du cinéma. Dans ses yeux qui est une œuvre classique aujourd'hui et étudiée en cours de cinéma, en fait partie. Les rebondissements s’enchaînent et nous impose dès le début une énigme à résoudre. Le twist de fin est quant à lui marquant pour l'éternité. Un vrai bouleversement émotionnel.