On aurait tendance à croire que Dark Places surfe sur la vague du succès de Gone Girl, film tiré d'un autre roman de Gillian Flynn. Il n'en est rien : Gilles Paquet-Brenner a été le premier à adapter un livre de cet auteure au cinéma : l'ambiance générale y est immersive, le récit poignant et les personnages crédibles...
Reste l'inévitable comparaison avec Gone Girl, alimentée par le succès de ce dernier mais aussi le marketing, jusque sur l'affiche de Dark Places : "Par l'auteur du best-seller Gone Girl"... Une comparaison qu'on prendra soin d'éviter, tant l'histoire et la technique cinématographique divergent...
La réalisation est sans bavure, et la narration est, elle aussi, d'une grande fluidité. Bien que la technique du flash-back n'ait rien de révolutionnaire, elle est ici très correctement utilisée pour faire voyager le spectateur dans les souvenirs confus de Libby. On ne se lasse pas, on ne se fait pas larguer et, c'est l'essentiel, tout le monde est encore suspect jusqu'au 20 dernières minutes du film...
Charlize Theron, cheveux courts et casquette vissée sur le front, se fond parfaitement dans son personnage d'incurable victime. Une enfant traumatisée, coincée dans un corps d'adulte aux allures masculines, "blindée" et écrasée par le poids de sa solitude. Elle nous rappelle l'un de ses personnages les plus aboutis : Aileen Wuornos, qu'elle incarnait dans Monster...
Chloë Grace Moretz et Tye Sheridan n'ont cependant pas à rougir de leurs performances car elles donnent un souffle supplémentaire au film. Que reprocher à Dark Places ? Quelques longueurs, des incohérences qui n'intrigueront que les plus pointilleux. Ces détails n'entravent en rien l'intérêt général du film !!!