Au musée de Burton, tout est bon à vendre. Des arbres tortueux à la musique de Danny Elfman, on connaît la recette. Burton rempile, on a peur d'un film de commande, on a peur d'un scénario pourrave. On a pas si tort d'avoir peur.

Dans cette adaptation d'une série dont peu de gens se rappellent, Burton fait son boulot, c'est certain. Au début, on y croit. Une ambiance gothique à souhait, pluie battante et brouillard lugubre en prime, une romance gâchée par une sorcière jalouse, Burton nous berce, bienvenue à la maison.

Johnny Depp nous rappelle encore une fois ce Sparrow qui lui colle à la peau, et qu'on a un peu assez de voir, mais bon, il est pas si mal, ce vampire aux moeurs d'un autre temps. Alors on essaye d'être bon public et on sourit aux vannes, on rira quelques fois, à celles qui sont vraiment drôles (Mephistophelès!). Quelques séquences plus acides permettront de se fendre la poire pour de bon (Les hippies).

Si le passage au XVIIeme siècle nous fait croire à un retour de Burton (pas du Grand Burton, mais quand même), on a peur des relents qui pourraient arriver. On a vu la bande annonce, on a ressenti cette deception de voir une histoire tragique se dérouler dans un XVIIeme sombre et excitant, pour ensuite se terminer dans un délire 70's qui nous a donné de furieuses envies de facepalm.

Finalement, la transition ne se fait pas trop mal, on est loin d'Austin Powers et compagnie, et les années 70 de ce film ne filent pas trop d'urticaire. Ouf, c'est pas passé loin. Alors on regarde. Et on sourit de temps en temps, comme je l'ai dit.

Puis vient la fin du film. Et là, c'est le fiasco. Le film se perd dans un combat final épouvantable, riche en coups de théâtre terriblement mauvais (La gamine loup-garou, pitié!). Dark Shadows, qui avait réussi à se maintenir jusque là, sombre. Définitivement. L'humour s'enfuit à grand pas, et le spectateur se sent sombrer (lui aussi) dans la depression.
On balance quelques explosions, des punchlines minables, et emballez, c'est pesé. On ne rêve plus beaucoup devant un Burton, en ce moment.
Vetii
5
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Créée

le 24 juin 2012

Critique lue 235 fois

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