Réalisé par Yuusuke Hirota et adapté du livre Poupelle et la ville sans ciel d’Akihiro Nishino, De l’autre côté du ciel est un film japonais sorti en 2020, avant de parvenir en France en 2022. Il s’inscrit dans un registre initiatique. L’histoire suit Lubicchi, un jeune garçon vivant dans une ville entièrement recouverte de fumée, persuadé que les étoiles existent au-delà de ce voile épais. Déterminé à prouver la véracité des récits de son père, il se lie d’amitié avec Poupelle, une créature inattendue surgie des ordures.
Ce monde inspiré par l’esthétique steampunk fascine par sa richesse visuelle. L’architecture dense, l’atmosphère industrielle oppressante, les ruelles suintantes de crasse : tout contribue à rendre la ville profondément immersive. Les décors fourmillent de détails, donnant une impression d’univers vivant, tangible, et oppressant. Le scénario déploie une narration limpide, ponctuée de trouvailles scénaristiques bienvenues. Le ton oscille entre fable sociale et récit poétique sans jamais s’égarer. Les enjeux sont clairs, les personnages bien campés, et l’intrigue progresse avec fluidité et émotion. Une véritable réussite.
La direction artistique hybride, emploie une animation 3D qui imite la 2D sans parvenir à l'harmonie. Les personnages humains pâtissent d’une modélisation rigide, qui nuit à l’expressivité de certaines scènes clés. Les jeux de lumières et les couleurs sont souvent saturés. Ce choix technique semble plus dicté par des considérations de production que par une logique artistique affirmée. Une animation traditionnelle aurait sans doute permis d’atteindre une plus grande finesse visuelle.
Le film est marquant, car porté par une vision forte et un imaginaire très singulier. Accueilli positivement par le public et les amateurs du genre, il s’impose comme une belle réussite. Derrière ses fumées opaques, De l’autre côté du ciel brille d’une sincérité rare, et mérite d’être vu, puis revu.