Le cirque n'est pas le sujet du film
Une belle représentation du milieu du cirque ...
On va commencer avec les points forts du film. Il bénéficie d'une très belle photo et repose sur un sujet assez original au cinéma (les films parlant du milieu du cirque se compte des doigts de la main). On y suit la vie de ces nomades du cirque qui voyagent en train et qui luttent pour survivre.
En se posant durant la dépression, le film s'attribue d'un enjeu dramatique supplémentaire. Cette dimension est plutôt bien réussie mais on reste tout de même loin du chef d'œuvre de tous les films de cirque : La Monstrueuse Parade (Freaks) dont le visionnage, même des années après, reste encore marquant.
... plombée par une histoire d'amour sirupeuse
Le film souffre du peu d'intérêt à l'histoire d'amour que partage les deux acteurs principaux. Le gros problème, c'est qu'on n'y croit pas. Il n'y a pas cette alchimie entre le deux acteurs comme celle entre Jack et Rose, les deux amants terribles du Titanic.
Du coup, le film paraît long, long... Surtout qu'il ne s'y passe pas grand chose : des jeux de regards, des discussions à mi-mot. Étant un exercice assez casse-cou, il devient très facile d'ennuyer le spectateur comme c'est le cas ici.
De plus, il est fortement dommage que le réalisateur n'ait pas pris la peine de s'attarder plus sur les personnages secondaires quitte à en ajouter pour dynamiser un peu le film vu que le cirque est un véritable vivier de personnages atypiques.
Heureusement qu'il y a le nazi
Toutefois, Christoph Waltz peine beaucoup à remonter le niveau du film. On pourrait lui reprocher une certaine propension à jouer toujours le même type de rôle depuis son nazi dans Inglorious Basterds. Dans The Green Hornet, il jouait encore une fois un type dément. Il devrait faire attention sinon la lassitude va finir par pointer le bout de son nez.
Mais face aux deux acteurs, il magnétise le spectateur à tel point qu'on en vient à regretter que le film s'est attaché à l'histoire d'amour plutôt que celle du directeur du cirque obligé de prendre des mesures drastiques pour sauver son cirque. Alors que cela aurait pu être un excellent sujet dramatique sur les choix cornéliens, il ne devient ici qu'un prétexte à diaboliser le directeur afin de mieux justifier les ébats hors mariages des deux personnages.
C'est toujours plus facile de justifier deux amants quand le mari est un monstre. Il est intéressant de voir comment le long-métrage arrête de s'intéresser à l'humanité du directeur dès lors que les deux personnages commencent sérieusement à flirter.
Je n'oublierais pas non plus Rosie, l'éléphant au cœur de la rupture du trio...
Malgré un sujet original, De l'eau pour les éléphants finit par retomber dans le classicisme au sens péjoratif et ressemble finalement à n'importe quel autre film d'amour mièvre, à savoir sans alchimie.
Pour un bon film sur le cirque, vaut mieux se tourner vers Freaks qui malgré son âge (sorti en 1932) est mille fois plus puissant.
Sa scène culte : la construction du cirque.
Note : 5/10