Certains pourront voir, à travers le récit en quatre saisons de ce professeur de théâtre mourant qui tente de donner du sens à sa (fin de) vie une œuvre abusivement tire-larmes.
Mais personnellement, ce mélodrame (qui s'assume en tant que tel) réalisé par Emmanuelle Bercot m'a beaucoup touché.
Pour son casting d'une grande justesse, entre détresse et bienveillance, entre colère et acceptation.
Pour cet accompagnement humain et pudique vers l'inévitable.
Pour cette mère et ce fils qui s'écoutent et s'ignorent, se déchirent et s'aiment.
Pour cet hôpital, à la fois lieu de vie et de mort, et pour ce personnel qui cherche à mettre des mots sur ce qu'il vit et ressent au quotidien.
Pour cette angoisse, très parlante, de ne laisser aucune trace parmi les vivants, de disparaître et d'être oublié.
Pour ces scènes muettes d'étreintes et d'adieux, de regards et de touchers, qu'elles aient lieu dans un cours de théâtre ou dans une chambre d'hôpital.
«De son vivant», c'est un récit nous préparant à ce passage obligé qu'est la fin de vie, et à ce que nous voulons laisser de nous, nos mots, notre histoire, notre vérité.
Une œuvre qui regarde la mort en face, filme la proximité des corps et des individus, raconte les partages et les regrets.
Un film plein d'humanité et d'émotion, qui évite le piège du pathos plombant. Et un traitement auquel on peut être sensible ou non (cela dépendra de l'état d'esprit et du vécu de chacun). Pour moi, ce fut le cas.