J'en veux terriblement à Emmanuelle Bercot.
Je lui en veux pour sa manière de traiter un sujet extrêmement délicat, et de choisir le mélodrame pesant sans une once de subtilité.
Un éléphant (comme celui des cravates du docteur) dans un magasin de porcelaine.
C'est une catastrophe.
La musique en rajoute des tonnes, comme si ce n'était pas suffisant...
J'ai failli sortir de la salle tant c'était insupportable de voir autant de mauvais choix, qui alourdissent cette histoire qui n'en avait pas besoin, déjà bien pesante et dure.
Là où il aurait pu y avoir quelques bonnes idées de réalisation, tout est anéanti par cet aspect larmoyant navrant.
L'ensemble n'est pas sauvé par l'écriture, la faute encore à Bercot, co-autrice du scénario. Et vas-y que je te montre tout le monde verser sa p'tite larme. Et tiens, je vais embourber le récit dans le pardon, la culpabilité, l'amour, les difficultés émotionnelles, professionnelles, personnelles, dans un pathos très appuyé... C'est un bourbier indigne d'une histoire aussi grave. J'ai cru un moment qu' Emmanuelle Bercot allait se faufiler à côté de moi pour me tendre un mouchoir en disant : "allez, laisse-toi aller spectateur, tu ne vois pas comme c'est terrible et triste ? N'ai pas honte, verse ta petite larme toi aussi".
Malgré toutes ses bonnes intentions, je lui en veux d'avoir complètement déraper.
C'est un sujet casse-gueule, et Bercot s'est complètement, et lamentablement vautrée.
J'ai détesté son film, toutefois, tout n'est pas à jeter.
En effet, ses acteurs sont brillants.
Benoît Magimel, complètement transformé, est magistral. Un rôle extrêmement difficile pour lequel il livre une magnifique performance.
Un rôle difficile pour Catherine Deneuve, qui s'en sort honorablement en mère éplorée tout du long.
Cécile de France est malheureusement trop discrète, la faute à un rôle mal écrit. Au lieu de s'attarder sur le fils, Bercot aurait mieux fait de s'intéresser un peu plus au personnage de Cécile de France, qui le peu qu'on la voit, est excellente.
Mais celui qui vole la vedette à tout le monde, c'est bien le Dr Gabriel Sara, authentique oncologue, qui est donc dans son rôle. J'aurais tendance à dire que ses interventions sont ce qu'il y a de mieux écrit dans le film, mais comme il est dans son rôle, je suppose qu'il a improvisé, et donc que l'on ne doit pas tout cela à Emmanuelle Bercot...
Gabriel Sara est la trouvaille du film.
Dès les premières, j'ai senti poindre le désastre. Malheureusement, je ne me suis pas trompé. De ce fait, j'ai passé un épouvantable moment...