Dead Bang
5.8
Dead Bang

Film de John Frankenheimer (1989)

Entre néo-noir poisseux et action movie généreux, Dead Bang est une bobine au fort tempérament, marquée par la grande classe de Don Johnson, quelques moments décomplexés qui filent le sourire et un final radical dans des souterrains oppressants. S’il ne faut pas y chercher quelconque œuvre ambitieuse, tous les amateurs de polars dépouillés devrait y trouver, sinon une belle pépite à découvrir, au moins un chouette moment de divertissement.


Les atouts majeurs de Dead Bang sont assurément Don Johnson et sa bobine inimitable. L’homme y donne de sa personne, est de tous les coups, que ce soit pour initier le rire, pendant la première heure notamment, ou distribuer les sentences avec son colt très encombrant. Le mélange comédie/action est savamment dosé : l’humour n’est qu’un moyen pour Frankenheimer d’introduire son personnage de flic blasé fraîchement divorcé —en une séquence de course-poursuite au terme de laquelle il honore son suspect de manière originale, tout est dit—,il n’hésite donc pas une seconde à l’abandonner lorsque l’enquête se précise et que les enjeux sont posés.


Rien de folichon à ce niveau là, une énième histoire de ravagés du caisson qui n’aiment pas la différence, de petits bonhommes étroits d’esprits qui n’apprécient que leurs semblables et d’un policier au caractère bien trempé qui veut terminer ce qu’il a commencé, envers et contre tous. Frankenheimer tente bien de relever le tout avec un petit twist de dernière minute, mais l’effet n’y est pas, et ce n’est pas si grave.


Car si Dead Bang file le sourire, outre la présence de son acteur vedette, c’est grâce à sa mise en scène survitaminée, ses placements de caméra bien sentis et sa bande son délicieusement eighties. Une époque où les vilains étaient des enfoirés de compétition qui n’attendent pas la demi-heure de bobine pour dégommer du passant. Dans Dead Bang, en moins de dix minutes, deux pauvres bougres se sont fait zigouiller bien comme il faut le soir de noël et le père Johnson a déjà lancé les représailles.


En bref, Dead Band est une petite sucrerie, une série B assumée en tant que telle, mais particulièrement bien gaulée, qui devrait contenter les amateurs du genre, et continuer de faire soupirer ceux qui ne trouvent dans ce genre de péloches que ridicule et ennui.

oso
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 26 sept. 2016

Critique lue 524 fois

oso

Écrit par

Critique lue 524 fois

6

D'autres avis sur Dead Bang

Dead Bang

Dead Bang

6

Play-It-Again-Seb

1138 critiques

Traque dans l'Amérique profonde

Avec John Frankenheimer, il y a toujours à boire et à manger. D’un film à l’autre et, souvent, dans un même film. Dead bang échappe peu à ce constat. D’un côté, le sujet est franchement intéressant...

le 9 déc. 2022

Dead Bang

Dead Bang

7

oso

894 critiques

Un Colt, ça serre l'Aryen

Entre néo-noir poisseux et action movie généreux, Dead Bang est une bobine au fort tempérament, marquée par la grande classe de Don Johnson, quelques moments décomplexés qui filent le sourire et un...

le 26 sept. 2016

Dead Bang

Dead Bang

7

AMCHI

6387 critiques

Critique de Dead Bang par AMCHI

Dead Bang est un bon film d'action réalisé avec brio par John Frankenheimer, Don Johnson incarne un policier désenchanté par la vie qui va tout faire pour mener à bien son enquête sur une milice...

le 26 oct. 2017

Du même critique

La Mule

La Mule

5

oso

894 critiques

Le prix du temps

J’avais pourtant envie de la caresser dans le sens du poil cette mule prometteuse, dernier destrier en date du blondinet virtuose de la gâchette qui a su, au fil de sa carrière, prouver qu’il était...

le 26 janv. 2019

Under the Skin

Under the Skin

5

oso

894 critiques

RENDEZ-MOI NATASHA !

Tour à tour hypnotique et laborieux, Under the skin est un film qui exige de son spectateur un abandon total, un laisser-aller à l’expérience qui implique de ne pas perdre son temps à chercher...

le 7 déc. 2014

Dersou Ouzala

Dersou Ouzala

9

oso

894 critiques

Un coeur de tigre pour une âme vagabonde

Exploiter l’adversité réservée par dame nature aux intrépides aventuriers qui pensent amadouer la rudesse de contrées qui leur sont inhospitalières, pour illustrer l’attachement réciproque qui se...

le 14 déc. 2014