Deadpool est un film de super-héro qui s’assume, dès le début, comme une contradiction : un tueur qui n’est pas réellement un héro, un film vulgaire où l’amour est moins la motivation première que énormément de sexe, des alliés à peine amis et des amis à peine alliés, le tout saupoudré de quelques incohérences à l’univers X-Men dont le film est issu.
Deadpool joue et jongle avec une certaine adresse sur le 4e mur continuellement brisé, en hommage au pouvoir de son équivalent comics, permettant une forme de renouveau pour ce film.
Le film est bourré d’adrénaline, plein d’actions spectaculaires qui lorgnent parfois même vers la bêtise (les capacités de combats des différents personnages ne sont pas expliquées, le choix de Wade Wilson comme cobaye non plus), et même si le spectateur va devoir tenter de recoller les bouts, on aurait aimé chercher plus de cohérence (Wade serait simplement déjà un mutant aux super réflexes comme dans Wolverine, les mutations en seraient des secondes).
Le film ne s’embarrasse pas trop d’un univers cohérent, mais cherche plutôt à vaguement justifier l’action et la violence.
On notera un humour réel, des punchlines bien écrites et, disons le, un Ryan Reynolds qui sauve sa carrière. Dynamique au possible, le film manque d’une certaine envergure de fond pour être vraiment très bon.
Le manque de lien avec l’univers X-Men au hasard, ce sentiment un peu au rabais, les personnages peu construits et souvent mal faits. Bref, le sentiment que la Fox n’y croyait pas vraiment et n’a pas donné les moyens à Deadpool de briller autant qu’il le pouvait.
Dans les scènes d’action, sans être révolutionnaire, le film a une certaine marque propre permettant de donner une atmosphère propre et une vraie ambiance personnelle au film.
Je note également que la structure narrative ose un peu en intégrant des flash-back nombreux et surtout long dans une seule séquence d’action du début, donnant presque le sentiment que le film va se jouer sur ce double tableau étrange.
Globalement, Deadpool est un bon film qui malheureusement ne souffre pas de lui-même mais d’un clair manque de volonté des studios pour donner plus de moyens (les décors par exemple, les figurants au hasard) et pour intégrer davantage le personnage dans un univers cohérent, celui des mutants.
Ne reste que Deadpool même pour sauver son propre film. Heureusement il arrive à remplir cette mission.