Le postulat de base est honorable, et le générique hilarant de départ, qui fait officiellement un gros doigt à toute l'industrie hollywoodienne dont il dénonce d'emblée les travers, le confirme : Deadpool sera un film qui dénonce son outil de dénonciation, le cinéma, pour se moquer avec agressivité mais, au final bon fond, des films de super-héros dont il s'annonce maintenant être le modèle le plus réussi, car malin.
Mais dénoncer pour dénoncer de 1) ne sert à rien et de 2) ne sert encore plus à rien si ce qu'on dénonce est au final reproduit dans le film.
Car là est le défaut majeur de ce Deadpool, divertissement intelligent certes mais un peu mensonger danss on approche : dénoncer les failles scénaristiques d'un genre de film dont on se revendique pour finalement s'y précipiter est ridicule.
En somme : dénoncer n'est pas excuse pour ensuite faire ce que l'on dénonce, être conscient d'un défaut, le moquer mais le reproduire à l'identique n'est pas malin. Et cette règle de base, Deadpool semble l'avoir bien oublié, ou plutôt en faire fi.
Ainsi donc, comme dans tout Marvel ou film du même acabit, on a affaire au grand méchant, beau gosse sans charisme, à l'anti-héros subversif, au pote un peu couillon insupportable, et au combat final dantesque, avec son faux suspens et sa flopée d'effets spéciaux et d'explosions.
Mais au final on ne passe évidemment pas un mauvais moment face à ce film plus malin que d'autres, bourré de références et de jeux de mots qu'une traduction française peine (mais arrive pourtant, par de malicieux détours) à rendre compte, d'un humour un peu trop trash, pipi-caca, souvent nul, gras et sans pertinence, mais qui fait souvent rire franchement, et d'une ultra-violence jouissive que l'on commence à connaître, suite à Kick-Ass que, dans le genre, on préférera.