Quelque chose s'est réveillé chez Marvel.. Vous l'avez senti.. Oui après une presque décennie de films Marvel tous plus insipides les uns que les autres, quelque chose semble bel et bien s'être réveillé (de mauvais poil) au sein de la machine hollywoodienne. Mesdames et messieurs, voici Deadpool.
Les bandes-annonces du film (je n'ai jamais lu le moindre comic sur le héros schizophrène) ont ressuscité des espoirs nés de la sortie de Kick-Ass de Matthew Vaughn en 2010. C'est vrai quoi ! Un film de super-héros de l'écurie Marvel où le personnage principal est à la fois vulgaire, violent, égoïste et cool: ça a sacrément de la gueule. Merde ! Des personnages aussi barrés (et surtout intéréssants) comme Deadpool chez Marvel, ça se compte sur les doigts d'une main d'un lépreux (critique Deadpool, humour à la Deadpool). Bref, tout semblait indiquer que le Père Noël était en avance cette année !
Hélas, attente et espoir ne font que trop rarement bon ménage avec la réalité. Deadpool aurait pu être extra, sacrément badass, supérieur au pionnier qu'était Kick-Ass mais la surenchère a eu raison de l'ambitieux Deadpool.
Les 30 premières minutes sont extras (mention spéciale au générique d'ouverture dont les récents et futurs James Bond feraient bien de prendre de la graine). Les vannes, l'action, la violence, les personnages, les situations, tout est (enfin) "subtilement" dosé pour un Marvel. Le message est clair: Deadpool met les pieds où il veut et à l'instar de Chcuk Norris : c'est souvent dans la gueule !
Alors qu'est-ce qui merde ? Pourquoi Deadpool ne récolte que tout juste la moyenne ? Tout simplement parce que le long-métrage n'est qu'un constant recyclage de presque deux heures.
Pendant cette fameuse première demi-heure, la saveur et le charme du film reposent dans l'effet de surprise. Passé ce délai, le film piétine, s'encombre dans les flash-back aussi rasoir que mon film de vacances au musée du tabouret ou dans des lassants soliloques du super-héros. Pire encore, Deadpool fini par ressembler à un petit garçon, planqué au fin fond de sa cour de récréation, tout fier de dire des gros mots. Bref, la redondance n'est jamais bien loin, et ça c'est vraiment, vraiment dommage.
Avec le recul, Deadpool semble plus avoir été réalisé pour poser les jalons d'une future franchise, la faute aux flash-back dont je parlais plus haut. Eh oui ! Seulement deux séquences (celle de l'ouverture et de la fin du film) sont "au présent", tout le reste n'est que flashbacks (désolé, je n'ai pas trouvé de synonymes).
Côté technique, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais le spectacle visuel est au rendez-vous. La mise en scène est tout ce qu'il y a de plus classique, côté interprétation rien à dire. Petit souci pour les partisans de la VF, le pauvre Ryan Reynolds a écopé d'une voix française qui ferait fuir un sourd (un détail qui parfois, fait un immense bras d'honneur à sa crédibilité).
L'air de rien, Deadpool a cassé (un peu maladroitement) les codes des films de super-héros: malgré une interdiction aux -17 ans et un budget "ridicule" de 68 millions de dollars, le film continue de faire péter le box-office. Un succès qui inciterait les studios à se dire qu'aligner un pactole à 200 millions pour un film n'est plus nécessaire, ouvrant ainsi la voie à un genre de films de super-héros pour "adultes". Rien que d'y penser, ça fait rêver mais souvenons-nous de ce que disait Krusty le Clown, "à Hollywood, on ne fait pas de l'art, on fait du fric". Bref allez savoir pourquoi, on n'est pas encore prêt à sauter au plafond.