DeathBed
3.4
DeathBed

Film DTV (direct-to-video) de Danny Draven (2002)

La mention «présenté par» ne garantit en aucun cas la réussite d’un long-métrage et encore moins sa qualité. Durant la fin des années 90/début 2000 un grand nombre de films furent distribués et commercialisés grâce au nom d’un des plus célèbres maîtres de l’horreur, un certain Wes Craven (Le Carnaval des Âmes, Le Peuple des Ténèbres, Dracula 2001).


Opportuniste, Charles Band décide de leur emboîter le pas et de profiter du nom de son ami et collaborateur Stuart Gordon. Après tout, le producteur lui a bien mis le pied à l’étrier (Re-Animator) et permis d’accéder à une certaine notoriété, alors pourquoi ne pourrait-il pas lui rendre la pareille ? Stuart Gordon accepte de s’associer à Band et d’utiliser son nom pour une série de longs-métrages à très bas budget. Deathbed sera le premier et le dernier. Réalisé par Danny Draven, le film réunit Tanya Dempsey (Shriek, Hell Asylum), Joe Estevez (le frère du célèbre Martin Sheen), et Brave Matthews à travers une intrigue s’insinuant dans la chambre à coucher d’un couple en pleine crise de libido.


Karen et Jerry emménagent dans un loft fraîchement rénové. Lui est photographe, tandis qu’elle est illustratrice. S’ils filent la parfaite idylle, le couple traverse également des troubles sexuels. Intriguée par des bruits et phénomènes paranormaux en provenance du grenier, Karen y découvre un lit en fer forgé abandonné depuis des lustres. Séduite, elle décide de le rénover, ce qui réveille sa libido, pimentant l’activité nocturne des deux tourtereaux. Mais à mesure de leurs petites sauteries, Karen est assaillie de visions mortelles et de sensations terrible… Le lit serait-il possédé ?


Contrairement à ce que le laisse supposer son titre, Deathbed n’est pas le récit d’un lit anthropophage mais bien celui d’un fantôme lubrique cherchant à posséder ses victimes. Mais le scénario ne s’arrête pas là, puisque le couchage sert également de figure allégorique à un trauma de jeunesse non résolu dérivant vers une forme de psychose. Si Danny Draven aborde des sujets graves tels que le viol, la pédophilie et l’inceste, ce n’est que pour mieux mettre en perspective le délitement d’un couple en pleine crise ne sachant plus comment communiquer et prendre du bon temps. L’homme se braque, et la femme se raidit pendant l’acte, occasionnant frustration et rancœur qui finiront par éclater lors du dernier acte.


Malheureusement, les promesses d’un divertissement débridé retombent rapidement, tant l’intrigue et les effets de flippe s’éternisent en préliminaires. Pour éviter que le public ne cède aux bras de Morphée, Tanya Dempsey n’hésite pas à payer de sa personne. L’actrice à croquer en lingerie fine donne du corps à son interprétation lors d’ébats sensuels et langoureux avec celui qui interprète son petit ami. Difficile de lui résister. Il en va de même de ce lit en fer forgé que le cinéaste sait particulièrement bien mettre en valeur, nimbé de projecteurs de couleur. Entre cauchemar et fantasme, la dernière partie passe enfin la seconde avec une mécanique de prédation traversée de manifestations horrifiques. Délivrant une atmosphère aussi lugubre qu’érotiquement chargée, Danny Draven livre un thriller envoûtant à défaut d’être excitant.


Le sage pointe la lune, l’idiot regarde le doigt. Alors s’il te faut un guide pour parcourir l’univers étendu de la Full Moon Features, L’Écran Barge te fera découvrir le moins pire et le meilleur de l'oncle Charles Band, le Walt Disney de la série bis !

Le-Roy-du-Bis
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le 19 août 2025

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