Certes, beaucoup d'ingrédients habituels du cinéma roumain sont présents dans Dédales, dont de longs plans-séquences et des conversations très nourries, mais le film est cette fois un véritable thriller, avec une vraie cassure en son milieu et des péripéties qui tentent de constamment apporter des éléments nouveaux et inattendus. Au programme : une jeune novice qui sort du couvent et se dirige vers l'hôpital, un chauffeur de taxi et, plus tard, un enquêteur de la police, particulièrement acharné à faire avouer le suspect d'un viol et d'un meurtre. Sans oublier de dénoncer les tares de la société roumaine, le film est donc orienté vers le suspense, se permettant même de piéger le spectateur, avec une scène qui n'existe que dans l'esprit de l'un des trois personnages principaux. Bogdan George Apetri, qui en est à son troisième long-métrage, maîtrise parfaitement son affaire et l'imprévisibilité de son scénario est l'un de ses principaux atouts. Un autre est son interprétation, que ce soit celle du flic (Emanuel Parvu) ou surtout celle de la sœur, avec la lumineuse Iona Bugarin, une actrice de 25 ans déjà présente et éblouissante dans Mia misses her revenge, un long-métrage qui reste encore inédit dans les salles françaises. Il était à espérer que Dédales ne soit pas confiné aux festivals internationaux car susceptible de plaire à un public plus large que celui des fans réguliers du cinéma roumain. Bravo pour cette sortie française, même au cœur de l'été.