Il y avait clairement dans ce divertissement une promesse. Celle d'avoir un film de requin qui soit au-dessus de la moyenne, déjà assez basse en la matière. Bien qu'il ne soit pas l'auteur de chefs-d'oeuvre - surtout depuis deux décennies -, il était intrigant de retrouver ce bon Renny Harlin diriger des squales 27 ans après Peur Bleue. Le projet laissait augurer un bon film décomplexé, qui assume pleinement la bêtise de son postulat pour offrir du spectacle avant toute chose. Et c'est ce vers quoi tend Deep Water, le film ayant l'ambition de revenir aux années 90. Ne serait-ce que par la pauvreté de son scénario et de ses personnages, effacée sans vergogne par l'envie de nous en mettre plein la vue. La séquence du crash peut d'ailleurs en témoigner, celle-ci se voulant impressionnante. Comparé au récent No Way Out, qui proposait exactement le même postulat, nous sommes déjà vers une série B plus appréciable. Et pourtant, quelque chose cloche avec Deep Water. Car malgré ce désir d'amuser la galerie, le titre ne parvient jamais à trouver l'étincelle qui lui manque. Qui lui aurait permis d'arriver au niveau de Peur Bleue. La faute revenant principalement au budget, qui semble mal géré vu que pour 40 millions de dollars, l'ensemble ne parvient pas à présenter de bons effets spéciaux. Avec la couleur de l'eau, un mauvais étalonnage et des fonds verts voyants, le film n'arrive pas à rendre crédible ses situations tournées en bassins. Mais outre ses défauts techniques, le film souffre également de la paresse de son réalisateur, qui ne retrouve pas le savoir-faire dont il avait fait preuve sur Peur Bleue. Ici, c'est fade, sans énergie ni tension. Les requins ont beau mettre des survivants en charpie, l'horreur ne se fait jamais ressentir. Et puis, c'est surtout mélodramatique à l'excès, rendant le tout aussi premier degré que lourdingue. Renvoyant tout ce qui fait années 90 - les personnages clichés, les séquences assurément invraisemblables, les plans héroïques... en quelque chose de beaucoup trop risible pour fonctionner. C'est plus sympathique que le récent Nature Prédatrice, plus abordable que l'insignifiant No Way Out. Mais nous sommes encore bien loin d'avoir un film de requin qui puisse assurer a minima le spectacle. Bref, un rendez-vous manqué...