Demonicus
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Demonicus

Film de Jay Woelfel (2001)

Genre programme pour renforcer le teamworking et les liens conjugaux, les studios Full Moon nous proposent une randonnée pédestre dans les Alpes italiennes avec un gladiateur psychotique. Le nouvel essor des caméscopes numériques au format Mini-DV a littéralement transformé l’industrie du porno mais aussi celle du direct to video. Demonicus s’inscrit dans le giron de ces productions bas de gammes et opportunistes. Tourné dans les parcs naturel de la Californie, le film est l’oeuvre de Jay Woelfel (Trancers 6) et de la bande à Bookwalter, Jeff Leroy et autres tâcherons du bis américain s’étant allié pour une poignée de dollars à l’ogre Charles Band.


Le réalisateur fan d’histoire antique s’est donc fait plaisir avec ce proto slasher aussi minimaliste que dans le splatter underground allemand (Violent Shit). Un environnement montagneux et forestier, des couples batifolant dans des tentes Quechua, et un barbare sanguinaire qui aime découper ses victimes façon puzzle avant d’en faire un ragoût dans une grotte moisie. L’originalité tient d’ailleurs moins à son cadre, qu’à ce tueur obsédé, atteint d’un sévère pète au casque, débitant des versets de latins (« Vae Victis », »Demonicus familiarum », »Memento mori »).


Malheureusement, le réalisateur ne sait pas vraiment mettre en valeur son acteur engoncé dans ce costume ridicule probablement déniché dans une Foir’Fouille. L’introduction précédant le titrage constitue d’ailleurs un sommet de ridicule, que tout nanarophile devrait apprécier à sa juste valeur. Le personnage ne représente jamais une réelle menace, donnant l’avantage l’impression d’un autiste déguisé cherchant à effrayer ses compagnons (« agrougroum »).


Face au peu de résistance que lui opposeront les campeurs, le tueur n’aura d’autre choix que de les mettre au défi et d’en laisser décamper quelques uns pour relancer l’intérêt de ce jeu de massacre avec des mises à morts particulièrement incisives à l’arme blanche (glaive, lance, espadon, gants affublés de pointes acérés).


L’intrigue est aussi explicite qu’un jeu de piste pour classe de SEGPA, tirant son inspiration à la fois du Projet Blair Witch et d’Evil Dead. Le Necronomicon ex mortis a laissé la place à un casque maudit, possédant celui qui le porte à agir de la sorte afin de perpétuer les tueries, ressusciter une vieille momie et avec elle (on le devine) une nouvelle ère de ténèbres. Cette dernière pachydermique nous offrira un climax moins haletant qu’un combat d’infirmes. Heureusement, Demonicus a le mérite de ne pas lésiner sur la barbaque ce qui étonne par rapport aux productions habituels du studio, particulièrement soft en la matière.


Le fait est que cet amoncellement de cadavres pourrissant dans un charnier à quelques encablures d’un château d’eau (censé représenté un monument hommage à Demonicus) permet de relevé l’intérêt de cette piteuse rando sous xanax traversé de rares fulgurances (décapitation, démembrement et jet d’hémoglobine). En outre, la VF surenchérit la misère de cette production et le grotesque de ses situations. Finalement, le film de Jay Woelfel a surtout valeur de guide idéal pour se débarrasser de sa femme et de ses amis ultra gonflants. Habillez-vous en romain, parlez latin et plaidez la démence, si vous voulez échapper à la peine maximale.


Le sage pointe la lune, l’idiot regarde le doigt. Alors s’il te faut un guide pour parcourir l’univers étendu de la Full Moon Features, L’Écran Barge te fera découvrir le moins pire et le meilleur de l'oncle Charles Band, le Walt Disney de la série bis !

Le-Roy-du-Bis
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le 18 mars 2025

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