Une jeune femme sans scrupules se retrouve impliquée plus qu'elle ne l'aurait souhaité dans une affaire d'espionnage industriel lors d'une fusion acquisition d'une société d'animation japonaise spécialisée dans le Hentaï, style très populaire de mangas pour adultes où sexe extrême, tortures et relations contre nature avec des monstres sont les codes.
Le film explore d'abord à travers les différents protagonistes, les tabous et interdits moraux et sociaux selon la culture, pour ensuite nous entraîner dans un thriller où la manipulation et les coups bas participent aux doutes tant du spectateur que des personnages impliqués. Au fur et à mesure que l'intrigue se dévoile, que les fils de la trame sont défaits on comprend, que n'est pas le manipulateur celui que l'on croit, et qu'au delà de la simple apparence d'un monde des affaires corrompu et prêt à tout, des intérêts bien plus sombres et pour lesquels certains seront prêt à tout se révèlent.
L'intrigue est menée de façon brillante et si parfois on pense avoir saisi le noeud, le film nous dévoile alors un nouvel élément qui contredit ce qu'on pensait.
Une réalisation qui alterne les scènes et les cadrages académiques absolument pertinent pour nous décrire le monde apparemment feutré et courtois des négociations commerciales, des instants où les doutes des protagonistes sont signifiés par des jeux de flous des images là encore servant le propos et la grammaire de l'image au service du récit, sont également présents des inserts intelligents et des jeux de mise en scène presque de clips musicaux, images en miroirs, animations japonisantes ou issus de la culture du jeu vidéo, sans qu'à aucun moment ces différents partis pris de narration cinématographiques ne donnent l'impression que le réalisateur se perde ou compense un manque d'inspiration. Chaque image, chaque traitement du visuel qui nous est offert est justifié et judicieux.
Une lumière extrêmement froide, glaciale à l'image des personnages, parfois illuminée de moments plus chauds, qui correspondent aux images les plus dures des animations et créations qui sont le centre du film.
On est devant un Bergman qui se serait essayé à la réalisation d'un cyber polar, élégant, glacial et mortel.
A mes yeux une vraie réussite, même si je peux comprendre que son jusqu'au boutisme puisse laisser indifférent.