Lors du festival des hallucinations collectives de 2016 se déroulant à Lyon, cet ovni allemand avait retenu mon attention puisqu'il se présentait comme une grande expérience sensorielle traitant entre autre de l'adolescence.
Au-delà du sujet, la curiosité l'emportait sur le reste pour vibrer en avant première dans une grande salle avec des gros morceaux de techno.
Le film s'ouvre sur un carton d'avertissement annonçant l'utilisation massive de strobes et autres sons binoraux pouvant brusquer les épileptiques. A peine 5 minutes plus tard, nous baignons littéralement avec l'héroïne dans une rave party éreintante aussi bien pour les yeux que les oreilles. Les basses sont assourdissantes et perforent de part en part mes pauvres tympans et je sens mes paupières se coller peu à peu à leur rétine respective. Bref, l'expérience est extrême, presque traumatisante, et je commence à douter de moi, mon esprit bascule entre admiration et souffrance. Les 1h30 vont être longues…
Et bien oui, mais non…
Le réalisateur du film (Akiz), présente son œuvre comme conceptuelle et s'arquant autour d'une trilogie qui résumerait la vie (rien que ça !)
Le plus surprenant est à venir, Akiz est sculpteur d'origine, son film repose essentiellement sur une de ses œuvres, à savoir un fœtus mal formé.
Finalement, on obtient un énième film sur le trouble adolescent assez redondant qui mixe 2-3 scènes de fêtes underground hardcore d'une violence rare et hypnotique avec le trauma psychologique du passage à l'âge adulte de Tina. Ces scènes plus intimes surprennent initialement avec la créature sortant de l'ordinaire mais hélas n'évoluent jamais. Pire, le fœtus est désincarné, possède peu de prestance et n'effraie aucunement (grosse erreur). Il est juste pitoyable et en devient amusant, je ne suis pas sûr que ce soit une volonté de Akiz.
Donc une fois la scène d'ouverture incroyable passée, le calme revient et nous apaise, puis nous ennuie à la longue. Dommage j'aurai bien repris une bonne baffe une fois ma ceinture bien accrochée. C'est addictif quelque part. Me voilà en manque d'une grande dose de hard tech tel un héroïnomane errant dans les ruelles moribondes de Brooklyn.
En sortant de Der Nachtmahr, je me sens un peu sonné mais j'ai l'impression que l'on m'a vendu autre chose. La déception est grande car l'entrée en matière vécue au cinéma est inoubliable. Ensuite, le sujet a déjà été maintes fois rabâché et en bien mieux que ce soit via le prisme du cinéma social dit de vérité ou bien comme ici avec un film de genre.
Un film qui divisera assurément, sans nul doute. Je préfère rester neutre tant le film me paraît inégal.