Les dernières semaines de collège pour Kayla, 13 ans, avant son entrée au lycée…
Pour sa première réalisation (pour un long-métrage de fiction) pour l’acteur Bo Burnham nous renvoie de plein fouet dans l’âge ingrat. Une plongée effrayante dans le monde tumultueux des boutonneux, celui des ados alors à mi-chemin entre le monde de l’enfance et celui des adultes, avec leurs hormones en ébullition, le rejet de l’autorité parentale, la découverte du sexe, la fin de l’innocence, …
On y découvre Kayla, une jeune fille de 13 ans particulièrement renfermée sur elle et qui prodigue ses conseils sur sa chaîne YouTube (que personne ne consulte). Au collège, personne ne lui adresse la parole (on lui a même décerné le Prix de la fille la plus timide) et même lorsqu’elle est invitée à un anniversaire, personne ne l’a calcule, elle est inexistante aux yeux des autres. Petit à petit, elle se renferme sur elle-même, passant le plus clair de son temps à vivre par procuration en scrollant sur les comptes Insta, lorgnant sur les filles populaires et le bellâtre qui lui fait de l’oeil.
Bo Burnham parvient à retranscrire avec beaucoup de véracité le monde de l’adolescence et surtout, celle que l'on surnomme "la génération Z", ces adolescents qui sont nés au même moment où les réseaux sociaux ont vu le jour et qui, par conséquent, ont grandi avec. Ils ont tous le nez rivé sur leur smartphone, c’est dans ces moment là que l’on se rend compte à quelle point cette génération est foutue si elle ne lève pas les yeux de leur écran.
Si le réalisateur se moque gentiment des adolescents, les adultes en prennent aussi pour leur grade (il n’y a qu’à voir la façon dont sont dépeints le personnel éducatif, particulièrement ringards). Dernière Année (2018) est une très agréable surprise, criant de vérité et portée à bout de bras par l’excellente Elsie Fisher, 14 ans lors du tournage.
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