En entrant dans une vieille famille de l'aristocratie victorienne, l'entomologiste et roturier Adamson découvre d'étranges personnages, plus ou moins dignes, des figures méprisantes, rétrogrades ou refoulées. L'observateur d'insectes se trouve aux premières loges d'un spectacle parfois grotesque qui n'est pas sans rappeler, en quelques occasions, les fantaisies d'un Peter Greenaway. D'autre fois, cette peinture d'une classe sociale figée fait penser aux "Européens" de James Ivory.
L'analogie avec l'entomologie n'est évidemment pas hasardeuse ou innocente, et le regard que le réalisateur Philip Haas porte sur la famille Alabaster s'exprime souvent par la métaphore. Pour autant, le film est bien terne. La satire, ni humoristique, ni caricaturale, manque cruellement de relief. Le style affecté de la mise en scène, entre lenteur et monotonie, n'arrange rien. Les scènes paraissent vides, anodines, tant d'un point de vue social qu'humain. Ce ne sont que bavardages murmurés, nullement portés par une quelconque idée dramatique ni attachés au secret scandaleux que le dénouement révèlera.
Pour un peu, il y aurait plus de vie dans la fourmilière que filme le cinéaste pour figurer son propos que dans cette demeure anglaise peuplée de personnages sans charisme.