Vidéo-activiste de Marseille depuis 25 ans avec l'excellent collectif marseillais Primitivi, Nicolas Burlaud est soudainement sujet à des crise d'épilepsie alors qu'il atteint la cinquantaine. Il profite de cette accident cérébral pour plonger dans ses archives, filmer des images d'électro encéphalogramme, d'IRM et d'interroger le lien entre lui, ses crises, la mémoire et le fonctionnement du cerveau.
L'idée est géniale: la crise d'épilepsie est provoquée par un problème dans la zone du cerveau qui gère la mémoire alors le documentariste pose la question de la destinée des images qu'il a produit avec sa caméra. On revit quelques fameux épisodes de luttes et de résistances marseillaises de ce 1/4 de siècle et un fil tracé par une craie dans la ville nous rappelle que les médias alternatifs, ceux qui documentent la base sont hyper importants. On retiendra notamment cette séquence filmée en 2008, dans laquelle on visite un appartement de la rue d'Aubagne complètement délabré et qui semble s'affaisser quand il pleut, triste élément précurseur des effondrements de 2018 dans la même rue. Moment de bravoure également quand une tour des quartiers nord est dynamitée et que la maire mafieux Godin réunit les notable pour admirer le "spectacle" en buvant du champagne depuis un point de vu lointain, alors que les riverains du quartier doivent patienter aux abords du chantier sur un bord de route.
Malheureusement l'écriture intime ne tient pas la longueur. Nicolas Burlaud nous accroche avec un récit médical personnel (la nuit de la première crise) et il le délaissera très vite au profit d'interviews de médecins et d'explications scientifiques bien trop pléthoriques. Et puis le choix de nous laisser sur un personnage bancal aux théories très anecdotiques à la fin est vraiment dommage, cela efface même toutes les jolies métaphores sur la lutte et la mémoire.
Cela reste une belle façon de revisiter des archives avec un chouette esprit techno des années 90 pour colorer le tout.