Entre humour subtil et écrasants retours à la réalité, Des Jours Meilleurs aborde avec justesse un sujet complexe : l’alcoolisme féminin. Cette comédie dramatique parvient à trouver un équilibre entre légèreté et profondeur, mais souffre cependant de maladresses lourdes dans son écriture.
Le film suit Suzanne, maman veuve de trois enfants, contrainte d’intégrer un centre de désintoxication après avoir perdu la garde de ses enfants à cause de son alcoolisme. À ses côtés, d’autres femmes venues d’horizons divers affrontent elles aussi leurs démons, dans l’espoir de vaincre leur addiction à l'alcool.
Sous des airs de faux documentaire social, le film accompagne ces femmes dans leurs périples sous une réalisation intimiste très réussie. Chacune d’elles rayonnent, lors des scènes de groupe, où leur forte personnalité insuffle à ces instants une jovialité contagieuse. Celles-ci sont également mises en valeur lors des nombreuses séances avec la psychologue. Apparaissant comme de courtes saynètes, filmant les personnages face caméra, qui semblent se confier aux spectateurs.
Malheureusement, le film perd pied lors de son deuxième acte, abandonnant tout ce qu’il avait réussi à construire pour se focaliser sur un rallye dans le désert. Se concentrant maintenant sur une intrigue superflue, qui finira irrésolue de toute manière. Laissant en plus totalement tomber la majorité de son casting pour uniquement mettre en avant quatre de ses personnages.
Un virage narratif regrettable qui impacte largement la force de ce film. Ce changement de ton trop radical aurait pu et aurait dû être mis de côté pour rester dans les clous que le film avait installés. Davantage de temps aurait pu être confié au développement des personnages secondaires par exemple.
Des Jours Meilleurs est un film rempli de bonnes idées, mais néanmoins bien trop dissipé. Avec quelques réajustements, Elsa Bennett et Hippolyte Dard auraient pu signer une œuvre beaucoup plus forte, touchante et puissante.