Un voyage ethnographique avec pour point commun : la mort.

5 ans après avoir mis en scène un film expérimental & subversif (Vase de noces - 1974)

où il était question de zoophilie, d’infanticide, de suicide et de scatologie,

le cinéaste belge Thierry Zeno ne s’arrête pas en si bon chemin et réalise (aux côtés de Jean-Pol Ferbus & Dominique Garny) un voyage ethnographique aux quatre coins du globe avec pour unique point commun : la mort (le titre du film est on-ne-peut plus explicite).


Comment sont considérés les défunts à travers notre société ? Sachant que les morts ne sont pas tous traités de la même façon et ce, en fonction des croyances, des coutumes, des mythes et donc, des continents. Chaque peuple les célèbre à sa façon et c’est ça que tend à nous montrer ce documentaire, nous dévoiler les rites funéraires des uns et des autres, sans voyeurisme et surtout… sans la moindre retenue.


C’est ainsi que l’on se retrouve en Thaïlande,

où l’on y découvre une vieille femme vraisemblablement décédée depuis plusieurs jours (visage bouffie, oscillant entre le jaunâtre et le noirâtre), d’ailleurs, son corps ne cessera de se putréfier sous nos yeux pendant toute la durée de la cérémonie durant laquelle se déroule des sacrifices d’animaux.


Par la suite, le film nous emmène aux États-Unis

où l’on y retrouve des employés de pompes funèbres entrain de nous présenter différentes gammes de cercueils, on assiste à une séance d’embaumement (on y apprend notamment qu’il est courant que les familles embrassent ou touchent un corps lors d’une cérémonie funéraire, l'embaumement sert à nettoyer et désinfecter la dépouille). On découvre aussi la technique de la préservation neurologique (qui sert à cryogéniser des corps dans une "perspective d'immortalité"). On se retrouve aussi dans un hôpital avec des patients atteints de dystrophies musculaires, ainsi qu’à San Francisco où un homme à fait de son business (très lucratif) la dispersion des cendres, à bord d’un Cessna, au-dessus de la baie.


Le film nous emmène aussi en Belgique (pour une cérémonie tout ce qu’il y a de plus classique, chez les catholique), au Népal

où la crémation se fait à ciel ouvert, sur un bûcher, de façon à ce que tout le monde puisse assister à la décomposition du cadavre.

Enfin, le film se clôt en Corée du Sud,

avec une cérémonie des plus expressive (aucune retenue, les personnes qui entourent le cadavre sont priées de pleurer et de se faire entendre).


Des morts (1979) nous emmène à la découverte de ces rites mortuaires de façon très frontale (âmes sensibles s’abstenir). On a parfois l’impression de se retrouver dans la morgue de Pittsburgh, celle qu’avait filmé Stan Brakhage (The Act of Seeing with One's Own Eye - 1971), tant certaines images sont difficilement regardables (les scènes d’embaumement notamment).


Le film pose un regard sur la façon dont on traite les morts et leur représentation. Il est intéressant de constater que dans le monde occidental, on a plutôt tendance à les cacher (ou alors à les montrer sous leur meilleur jour) tandis que dans le monde oriental, au contraire, on a plutôt tendance à les montrer (et ce, quel que soit leur état de décomposition). Un voyage très intéressant, qui questionne et ne laisse clairement pas indifférent.


⦿ http://bit.ly/CinephileNostalGeek ⦿ http://twitter.com/B_Renger ⦿

Créée

le 2 août 2025

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RENGER

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