Avec son budget colossal, son ambition affichée de devenir la grande fresque historique de l'Arabie saoudite et son casting (Kingsley, Mackie), Desert Warrior avait tout pour susciter ma curiosité par ce qu'il représente. Le film est l'une des premières tentatives du royaume de produire un spectacle épique capable de rivaliser avec les grandes productions hollywoodiennes.
Le récit nous transporte dans l'Arabie préislamique, à une époque où tribus arabes et empire perse s'affrontent pour le contrôle de la région. Sur cette toile de fond historique se greffe un récit classique de résistance, de liberté et d'unification, porté par une princesse rebelle et un hors-la-loi charismatique.
Rupert Wyatt signe une œuvre sompteuse. Les paysages désertiques constituent la principale réussite du film. Les vastes étendues de sable, les cités fortifiées et les scènes de bataille donnent au récit un souffle épique qui rappelle les grandes aventures orientales du cinéma classique. La production a manifestement bénéficié de moyens considérables, et c’est visible à l'écran.
Pourtant, malgré son ampleur visuelle, Desert Warrior n’a pas suscité en moi de réelles émotions. Les personnages demeurent souvent schématiques et les enjeux dramatiques manquent de profondeur. Le scénario suit un parcours très balisé, accumulant les situations attendues sans parvenir à surprendre ni à donner à ses héros une réelle épaisseur humaine.
Au final, le film est spectaculaire mais assez impersonnel. J’ai admiré les décors, les paysages, certaines batailles ou la photographie, mais je suis restée à distance de personnages qui semblent davantage au service d'un projet qui veut nous en mettre plein la vue que d'un véritable récit incarné.
Desert Warrior reste pourtant intéressant comme objet culturel. Plus qu'un grand film historique, il apparaît comme le symbole d'une industrie cinématographique saoudienne en pleine construction, désireuse d'affirmer son existence sur la scène internationale. À ce titre, son importance dépasse peut-être ses qualités proprement cinématographiques.