Dans un petit village espagnol, déserté par les plus jeunes, des femmes vivent dans l'apathie des jours où rien ne se passe. Destello bravío est le premier long-métrage d'Ainhoa Rodriguez, une œuvre manifestement nourrie à l'école du documentaire et interprétée par de "vraies personnes" qui ne jouent pas leur propre rôle mais dont on peut imaginer que c'est un peu le reflet de leur existence. Le village décrit semble hors du temps, comme une maison de retraite à ciel ouvert, à peine troublé par la procession religieuse annuelle. Comme les personnages n'ont que peu d'interactions entre eux et qu'ils sont nombreux, impossible de s'attacher à l'un d'eux et l'ennui n'est pas une option quand aussi peu de choses arrivent même si la réalisatrice essaie parfois d'instaurer un climat fantastique ou onirique. Bien entendu, l'on comprend où le film veut en venir, en évoquant l'exode rural, la solitude et le naufrage de la vieillesse. Ainhoa Rodriguez aurait pu choisir la forme documentaire pure ou bien une fiction ramassée autour d'un petit nombre de protagonistes. Conçu de manière hybride, le film ne ressemble qu'à une suite de saynètes,très courtes, qui ne suscitent qu'un lourd sentiment de spleen.

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le 2 févr. 2021

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