Des choses gentilles à dire sur ce film :
Caléidoscope psyché dans lequel on s’enfonce joyeusement sur fond de rock progressif, le générique d’ouverture de Destroy All Neighbors symbolise tout le mouvement qui va suivre, une lente avancée vers l’abime, inexorable, une descente aux enfers hallucinée, une spirale mortelle... sur fond de rock progressif.
Destroy All Neighbors c’est l’histoire à présent classique du type lambda, un peu sympa, un peu réservé, sur lequel le sort et l’entourage s’acharnent jusqu’à un homicide involontaire. Qui en appelle un autre. Puis un autre... Les choses s’enchaînent vaille que vaille, certains éléments sont à peine effleurés, d’autres appuyés plus que nécessaire. Et le film d’apparaître assez déséquilibré au final, certainement trop long pour ce qu’il a à raconter. Mais ce n’est jamais pénible pour autant dans la mesure où Destroy All Neighbors bénéficie de qualités qui attirent la sympathie.
La partie défouloir du film sans être particulièrement originale ni même particulièrement trash reste somme toute assez efficace grâce notamment à des effets pratiques de bonne tenue. L’humour noir qui lui est attaché, bien qu’assez convenu, fonctionne, et certaines des scènes, celles qui soulignent l’aspect naïf et dépassé du personnage principal, de l’échange, tentative de corruption foireuse incluse, avec l’agent d’une déchèterie (Kumail Nanjiani) à l’utilisation malencontreuse de la fonction autotune d’un ampli pour négocier avec les flics, sont particulièrement funs.
L’autre point positif du film reste assurément son casting. Dans le rôle du monsieur tout le monde mélomane borderline, Jonah Ray Rodrigues s’en sort avec les honneurs et face à lui, Alex Winters caché sous une bonne couche de latex comme au bon vieux temps de Freaked, s’en donne à cœur joie en voisin bruyant et pervers qui roule les r comme une bétonnière bien amortie.
Il se dégage de tout ça une forme d’enthousiasme communicatif qui fait que le film se suit sans problème un petit sourire au coin des lèvres.
Hum... ce film ne compte assez d'ingrédients pour jouer au bingo avec une grille de 36 cases, mais voilà quand-même les 19 ingrédients repérés
Personnage > Agissement
Compte jusqu’à trois
Personnage > Citation
S’exclame > « Tu es/vous êtes viré·e ! »
Réalisation
Course-poursuite > Gros plan du pied sur la pédale d’accélération ou de freins – Grammaire > Sauts de peur et hurleurs – Habillage > Incrustation de texte sur l’écran : lieu, date, heure, etc. – Vue subjective > de victime potentielle – Vue subjective > Plan œilleton
Réalisation > Accessoire et compagnie
Est éclaboussé·e par un fluide
Réalisation > Audio
Bruit exagéré > Coup de couteau
Réalisation > Surprise !
Faux suspense > Ouf c’est juste un ami qui fait une blague !
Scénario > Blague, gag et quiproquo
S’ébroue après avoir reçu un coup
Scénario > Élément
Découpe un corps dans une baignoire
Scénario > Ficelle scénaristique
Cauchemar > Se réveille en hurlant/en sueur/en sursaut – Faux suspense > Se réveille d’un cauchemar dans un autre cauchemar... avant de se réveiller pour de bon – Introduction forcée d’un élément dont on sait d’avance qu’il servira plus tard (fusil de Tchekhov)
Scénario > Situation
Police > Encerclement tout flingue dehors – Police > Reconnaît un corps à la morgue
Thème > GI Joe
Accessoire > Panoplie Raid (points rouges, vision nuit, silencieux, visage peinturluré etc.)
Thème > Rejets, moqueries ou discriminations
Accents étrangers caricaturaux
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Barème de notation :
1. À gerber
2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées
3. On s'est fait grave chier
4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là
5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas
6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu
7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème
8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème
9. Gros gros plaisir de ciné
10. Je ne m'en lasserais jamais