"Le plus petit des grands détectives reprend du service sur grand écran dans Détective Conan : La Mémoire retrouvée, un 28ᵉ opus où les montagnes enneigées deviennent le théâtre d’un polar introspectif, où thriller rigoureux et fragilité des souvenirs s’entrelacent."
"Katsuya Shigehara signe son premier long-métrage en solo à la tête de la franchise. Ancienne animatrice et storyboardeuse, elle succède à des metteurs en scène plus chevronnés comme Chika Nagaoka ou Yuzuru Tachikawa, qui avaient su insuffler un souffle visuel et narratif à la série. Shigehara, elle, adopte une approche plus sobre, presque appliquée : son film est fonctionnel et discipliné, mais manque de l’éclat visuel et de l’audace narrative que l’on attendait d’une fresque hivernale de cette envergure."
"Le scénario de Takeharu Sakurai privilégie les thématiques du deuil, de la vengeance et du code moral policier, mais peine à leur donner chair. Certains personnages citent, avec une insistance presque scolaire, L’Art de la guerre pour justifier leurs choix, alourdissant inutilement un récit qui aurait gagné à se fier davantage à son mystère qu’à ses maximes. Les crimes ici sont à hauteur d’homme : pas d’organisation mondiale ni de complot tentaculaire, mais des fautes, des regrets et des serments brisés. Cette simplicité humaine, pourtant, aurait pu être exploitée pour développer une tension psychologique plus fine, mais le film reste souvent à la surface de son intrigue. [...] Ce n’est qu’à la toute fin, dans un climax spectaculaire et généreux, que le film retrouve vie : la neige s’effondre, la gravité n’existe plus, Conan bondit au milieu du chaos. La mise en scène se libère enfin, assumant pleinement la fantaisie propre à la saga."
"La Mémoire retrouvée n’est ni le plus haletant ni le plus limpide des volets, mais il porte une maturité mélancolique, celle d’une œuvre qui vieillit avec son public. Un film froid, parfois raide, mais sincère, où le petit détective – quelque part entre Sherlock Holmes, James Bond et Ethan Hunt – continue de courir après une vérité toujours prête à s’effacer sous la neige."
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