Un polar des années 40 réanimé par de la fantasy (sorcières, grimoires magiques, zombis et démons). Un film amusant mais tout entier consacré à de vieux fantasmes, dont celui initial d’actualiser des imaginaires en mariant leurs poncifs. Hormis 2-3 commentaires paresseux sur la société vieillissante et l’aliénation du capitalisme (les zombis noirs comme main d’oeuvre périssable, la magie comme gadget abrutissant si on la décharge de croyance…), il est incapable d’en tirer du neuf. Du film noir classique il jette les meilleures histoires pour ne garder que la mauvaise mythologie, c’est-à-dire la misogynie virile du héros, la femme fatale destinée à se perdre dans son sentimentalisme bête, les bourgeois antipathiques qui n’ont d’autre envie que celle de diriger le monde… De la magie fantaisiste il ne garde que l’anecdote, c’est-à-dire quelques gags visuels et des archétypes démodés.