Adapté du roman soviétique "Dva prokourora" de Gueorgui Demidov, le réalisateur Sergueï Loznitsa signe ici un film dramatique mais surtout profondément froid et pessimiste. Retour en 1937 dans une Russie dirigée d'une main de fer par Staline qui organise des Grandes Purges. Parmi elles, beaucoup de gens sont bien-sûr enfermés à tort et toutes leurs lettres sont brulées. Mais un procureur va essayer de tout faire changer en prenant la défense d'un prisonnier.
Bon bien évidemment, on sait comment tout cela va finir mais c'est surtout le combat que tente de mener ce procureur qui va être intéressant. D'autant plus que, pour être honnête, je ne m'y connais pas bien en histoire, surtout lorsque cela touche à l'URSS, le film nous en apprenant alors beaucoup sur l'ambiance pas ouf qui régnait à l'époque.
Nous avons alors sous les yeux un jeune procureur qui rêve de justice mais dont les espoirs vont bien-sûr être petit à petit complètements réduits à néant. Un jeune homme cassé par un système répressif dont il en découvre les rouages lorsqu'il rend visite à ce fameux prisonnier. Toutes ces scènes sont d'ailleurs assez difficiles, d'une profonde affliction dans un contexte sacrément sinistre. Et c'est peut-être également le point faible du film, c'est-à-dire qu'à force de vouloir montrer du sinistre à outrance, le réalisateur finit par presque en perdre son spectateur.
Alors cependant, je reconnais que cette représentation est nécessaire, difficile de s'imaginer un tel scénario dans un ambiance moins morose mais les plans fixes sur des portes de prison qui durent dix minutes, c'est vite fatiguant !
Le film donne pourtant tout de suite le ton avec sa scène d'introduction comprenant un plan fixe dans lequel des lettres sont brûlées, plan qui s'éternise mais qui est beau visuellement parlant et puis qui montre également la quantité hallucinante de lettres et donc de prisonniers accusés à tort. Mais, encore une fois, pendant deux heures, c'est fatiguant et on se retrouve alors devant le cliché du film d'auteur russe super lent (coucou Tarkovski, même si je t'aime bien quand même).
Ainsi, malgré un sujet très intéressant et même nécessaire, "Deux Procureurs" ne parvient malheureusement pas à captiver le spectateur sur la durée.