Visionné en avant-première en présence du réalisateur qui a introduit la projection en disant : « Ce film se passe durant la terreur stalinienne des années 1930, c’est en réalité un film d’aujourd’hui ». Cette introduction éclaire le film. 1937, durant le pire de la terreur stalinienne, un jeune procureur idéaliste tout juste nommé dans une ville de province, découvre qu’un honnête bolchevik de la première heure a été emprisonné et torturé par la police secrète le sinistre NKVD. Il se rend à Moscou pour alerter le procureur général des dérives d’un état policier qui bafoue la justice. Cette initiative suicidaire le mènera dans les prisons du NKVD, ancêtre des non moins sinistres KGB, puis FSB. Le film s’attache à montrer le rythme lent, très lent, de la machine policière et bureaucratique d’un régime totalitaire. Chaque scène est filmée comme un tableau, on retiendra celle du train vers Moscou, qui rassemble tous les déshérités qui sont broyés au nom de ce socialisme qui n’a, de fait, jamais existé que dans les discours. Les dialogues et les silences rajoutent des minutes aux heures qui s’écoulent interminables dans les couloirs des prisons et les antichambres ministérielles. Ce rythme lent, très lent dessert le film projeté aujourd’hui en 2025, mais il traduit la pesanteur, l’immobilisme et la terreur policière silencieuse qui menait aux prisons, aux camps et parfois au peloton d’exécution. Un film d’aujourd’hui, vraiment, qui se passe en Russie, en Iran et même aux États-Unis, au Venezuela, en Turquie, en Chine et dans beaucoup d’autres endroits du monde.