Presque toutes les critiques sont bonnes pour ce film et je voudrais écrire ce que j'ai ressenti. Je ne raconterai pas l'histoire, beaucoup d'autres le font en appelant cela critique.
Attention spoiler.
C'est vrai que l'atmosphère pesante des années staliniennes me semble bien rendue. Ce monde dans lequel personne n'ose rien dire de peur que toute parole soit mal interprétée et se retourne contre elle. Les lieux présentés sont des labyrinthes , labyrinthes de la prison, labyrinthe de l'administration. Tout cela est très bien et l'image est parfairte.
Alors! où pèche le film.
Tout d'abord tout est assez prévisible.
Ensuite le personnage du jeune procureur n'est pas seulement candide, il est caricatural. Comment imaginer une personne capable d'étudier le droit et être aussi crédule .Il a vécu en Russie et sait quand même à quoi s'attendre. Il va voir en prison un magistrat qu'il a beaucoup aimé quand il était étudiant. Il ne s'est jamais posé la question de la raison de son incarcération et le dialogue avec le prisonnier (Qui ne veut pas d'oreilles indiscrètes) ne nous apprend pas grand chose. Il ne prévient pas son ancien élève de ce qui peut lui arriver.
On nous montre bien que les personnes vivant en Russie à cette époque ne doivent montrer aucune empathie pour les autres , au risque des se faire taxer de contre révolutionnaire si elles abondaient dans le sens de cet autre qu'elles se doivent d'ignorer. Par exemple la scène de la secrétaire qui fait tomber ses documents dans l'escalier et que personne n'aide, ou la scène (extrêmement longue, avec un texte sans intérêt) où le vieux bolchevik raconte sa non-rencontre avec Lénine. Il raconte tout ça en face d'un aéropage de statues de cire, de voyageurs qui n'ont aucune réaction.
Seul notre procureur , en grand benêt, continue à réciter son code civil. Aucune révolte, seulement réciter de façon monocorde.
De même aucun subalterne ne prend aucune décision .Les gardiens n'ouvrent la porte que si un gradé leur fait signe, Le commandant rigole à une incarcération, son subalterne se doit de rire aussi fort (Comme dans les entreprises actuellement)
Et, qui n'a pas compris que les deux personnes dans le train sont des agents du NKVD. Tout cela est tellement évident. Comment ce pauvre procureur n'a t'il rien vu venir.
C'est un film long, lent bavard et ennuyeux.
C'est vrai qu'actuellement nous manquons cruellement de films qui dénoncent le monde actuel (où sont Costa Gavras, Boisset ou Chabrol?) Mais pour une fois qu'il en est un qui n'est pas iranien, il ne faut quand même pas crier au génie.