Deux sœurs
6.5
Deux sœurs

Film de Mike Leigh (2024)

1) Mauvaise foi sur France Inter... 2) enfin un film sur la souffrance des aidants épuisés:

"y'a pas une once d'explication"(sic) (dit Ariane Allard de France Inter et des Editions de la Martinière, Causette, Positif etc. ). Or Mike Leigh montre bien je crois que c'est une aidante qui s'est épuisée jusqu'à la mort de sa mère, et qui désormais a épuisé ses propres pauvres aidants totalement désarmés et amorphes à leur tour? (Ouroboros doloriste?)

Juste deux remarques suite à l'écoute de l'avis de professionnels dans l'émission de critiques Le Masque et la Plume sur France Inter:

1) Même des critiques pro et cultivées disent parfois des bêtises, sont maladroits et commettent des erreurs, donc les amateurs de SC n'ont pas à avoir honte de leur tentative de textes:

"...une femme qui n'a jamais goûté au privilège de ne pas être en colère" (c'est faux; elle riait avant ses malheurs); colère dont "Mike Leigh ne donne aucune raison" (dit Ariane Allard de pourtant Positif) "Mike Leigh (ne donne pas ) une quelconque explication des racines de sa colère (ou) au caractère de cette femme" (dit Charlotte Lipinska). Or quand le 'boomer' Christophe Bourseiller pense le contraire en re décrivant des scènes où des indices sont clairement donnés par Mike Leigh: il est interrompu brutalement par "c'est ton interprétation" (Rebecca Manzoni/Ariane Allard en coeur)...Bourseiller tente de continuer: "...la douleur provient du fait qu'elle a perdu sa mère...un deuil qu'elle n'arrive pas à surmonter"...
..."ça, c'est ton interprétation" (Rebecca Manzoni, chef de la critique de France Inter)..."là, tu fais de la psychologie...y'a pas une once d'explication "(Ariane Allard qui le re coupe aussi (cf. 4'12 de https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-masque-et-la-plume/deux-soeurs-de-mike-leigh-3332672 ) . Or on apprendra clairement que cette apparente désormais foldingue, riait de bon coeur avant de devenir aidante, quasi seule , de sa mère très malade (elle jonglait déjà avec un fils handicapé et un mari absent à la maison...)
Pire, Rebecca Manzoni commente en disant "à la fin, on se dit, 'tout-ça-pour-ça"...on la sent pas très bouleversée ou empathique (or le site d'Inter prétend désormais qu'elles l'étaient).

Le plus drôle est quand Bourseiller tente de continuer son texte et parole volée par Allard, Manzoni a le culot hilarant de lui demander de ne pas couper Allard ^^ ...les deux qui ont coupé Bourseiller lui disent de "la laisser finir" (Manzoni; cf. 5e minute 20 seconde: "laisse la finir, tu auras la parole après stp"). Elles se comportent comme des hommes des années 70s avec les femmes?^^...


La page de cette émission clé de critiques cinéma de France Inter dorénavant dit: "un portrait radical et émouvant sur la souffrance psychique, qui a bouleversé Le Masque."

Or le jour de la diffusion, seul Christophe Bourseiller semblait avoir suivi et compris l'histoire et semblait bouleversé.

Charlotte Lipinska prétendait que le réalisateur ne donne aucune explication à la colère du personnage: "j'aime beaucoup la radicalité avec laquelle Mike Leigh ne nous donne pas d'explication au caractère de cette femme, je trouve ça très fort. Il nous laisse dans une sorte de frustration émotionnelle..." (Charlotte Lipinska)

or c'est faux, car lors de la scène clé autour de la pierre tombale de la maman, vers la fin, les deux soeurs se parlent et on entend très bien d'où vient la dépression, la douleur psychologique de cette souffrante...la coiffeuse reconnait ne pas avoir assez aidé sa soeur etc.

SPOIL:

la soeur aidante déjà épuisé avait découvert le cadavre de sa mère dont le visage aux yeux grands ouverts était figé dans un cri et elle "le voit tous les jours"!

Elle souffre clairement de troubles de stress post-traumatique suite à cette découverte traumatisante...

Charlotte Lipinska n'a pas tout écouté.

Ariane Allard pourtant de Positif, aussi pense que cette colère radicale est "sans explication". C'est faux, le réalisateur dit bien que c'est une dépression d'une endeuillée épuisée auparavant pour avoir été la seule à soigner sa mère tout en prenant soin de tout chez elle...son mari et son fils handicapé.

Pire, Ariane Allard pourtant de Causette, projette ses opinions puisqu'elle répète d'abord que cette colère est "sans explication" mais pire, elle décide d'y voire elle, une "colère sociale constante" et "un geste politique et radical" du réalisateur:

_" "C'est le portrait d'une femme qui n'a jamais goûté au privilège de ne pas être en colère et le cinéaste opère un geste profondément politique... "

c'est faux, avant que sa mère ne tombe malade, que son fils naisse handicapé et qu'elle se retrouve avec un mari à charge, il est dit qu'elle riait, qu'elle riait avec sa soeur des heures et des heures...

Ariane Allard et Charlotte Lipinska ne semblent quasi avoir vu que la couleur du personnage et non pas sa douleur universelle, incolore.

Ariane Allard répète à tort que "Mike Leigh lui ne donne aucune raison" à cette colère: c'est faux, revoir la scène de la pierre tombale et la révélation que l'aidante ne se remet pas de la découverte du cadavre effrayant de celle qu'elle aimait et aidait du mieux qu'elle pouvait en s'épuisant elle-même, jonglant aussi avec un travail, un fils handicapé etc.

(...je me répète comme des critiques professionnelles répètent leur erreur ^^)


J'avais vu ce film dans une salle pleine, hilare comme moi dés le début puis lentement mais surement, on est passé en groupe du rire à l'inquiétude.

Je ne savais rien du sujet et on comprend assez vite qu'elle ne va pas bien...

Alors que je me disais qu'elle avait besoin d'un psychiatre et d'aide, j'ai enfin remarqué les médicaments de partout (notamment sur table de nuit) et je comprends alors qu'elle a déjà eu de l'aide, qu'elle a déjà vu des psychiatres...

Qu'après avoir été aidante seule de sa mère, ses proches sont devenus ses aidants mais ils sont désormais à leur tour désarmés et totalement épuisés et amorphes à leur tour...ils ne savent plus quoi faire pour aider cette traumatisée dont les médicaments ne semblent pas faire effet.

On comprend clairement sa colère et dépression lors de sa confession devant la pierre tombale de sa mère où elle décrit à sa soeur l'horreur qu'elle revoit TOUS LES JOURS! ...la scène d'horreur qui lui revient "tous les jours" en flash devant ses yeux à la cri de Munch.

Un très beau film sur les aidants.

Des actrices et acteurs d'exception qui ont collaboré au travail et font, eux, preuve de compassion et empathies.


2) Rappel: "La patience des aidants familiaux s'amenuise souvent lorsqu'ils sont épuisés. Si vous avez le sentiment d'être à bout, utilisez ce signe non pour culpabiliser, mais pour comprendre qu'il est temps de prendre une pause..."


ps: mon Masque et la Plume avait déjà tenu des propos quasi misandres lors de la sortie du Cas Richard Jewell.

Créée

le 17 juin 2025

Critique lue 378 fois

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