Des choses gentilles à dire sur ce film :
Un drame plein de blancs, un contexte historique complexe, un environnement inhospitalier, des détails étranges qui titillent l’imaginaire là où il faut et des protagonistes pour lesquels on ne peut pas ne pas ressentir d’empathie... Avec une base de départ comme celle que constitue l’histoire du col Dyatlov, un des mystères les plus fascinants de la seconde moitié du XXe siècle, The Dyatlov Pass Incident partait quand-même avec un avantage... Même si les retours sont dans l’ensemble pas très bons, même si on sait que Renny Harlin a un parcours compliqué passé les années 2000, le fait est que voilà The Dyatlov Pass Incident, c’est un film qu’on a quand même envie de voir même si on sait pertinemment qu’on sera déçu.
Le film, qui suit le parcours d’étudiants partis dans l’Oural mener un travail de recherches sur le mystère du col de Dyatlov, aligne toutes les faiblesses et les facilités qu’on peut attendre d’un semi found footage générique de fin chanson pop à la con sortie de nulle part compris. Il s’inscrit aussi au départ du moins dans une forme d’horreur adolescente en mettant en scène des archétypes d’étudiants que d’emblée on adore détester, rendu très pénibles aussi par leur côté ricain partout en terre conquise (je caricature un peu). Le film est d’ailleurs aussi très ricain dans sa manière de montrer 1, la Russie et 2, la ruralité, dans la première partie en tout cas. Ce sentiment s’atténue ensuite et leur parcours n’est pas si désagréable à suivre. C’est pas bon mais c’est suffisamment solide en termes de réalisation pour ne pas être trop chiant. Le déroulé est du reste assez classique : caractérisation des personnages et de leur projet, partie expédition, succession de tuiles, dernier tiers on va tous crever (ambiance glauque de bunker abandonné en prime, ça, ça fonctionne toujours, on peut pas en dire autant des animations de créatures en images de synthèse), rebondissement final.
La bonne idée du film est de se détacher un peu de l’histoire de Dyatlov et d’une transposition lambda par l’intermédiaire d’un rapprochement inattendu entre le mystère du col Dyatlov et un autre gros morceau d’histoire étrange du milieu du XXe siècle : l’expérience de Philadelphie. Les deux histoires n’ont absolument rien en commun si ce n’est dans l’implication de l’armée avec, côté Philadelphie, les militaires nord-américains ont fait mumuse avec des trucs qui les dépassaient et ça leur a pété au nez et, côté Dyatlov, des randonneurs sont tombés sur des projets secrets et ça leur a pété au nez. Mais, indépendamment des réalités, des explications plus ou moins solides, des théories plus ou moins loufoques, des saloperies avérées faites en tous temps par les armées d’à peu près tous les pays, il y a dans ces deux histoires, autant celle qui relève plus de la légende que celle qui s’est construite autour d’un drame authentique, un matériau de base formidable pour la constitution d’un folklore moderne. Relier les deux, dans l’absolu, n’est pas si déconnant d’autant qu’en filigrane s’infiltrent quelques notes de sciences marginales et de pseudosciences qui ont énormément inspiré la culture populaire sous toutes ses formes.
On sent tout ça en toile de fond dans The Dyatlov Pass Incident qui aurait pu avoir son petit esprit X-files... le problème c’est que l’assemblage s’est fait sans trop de réflexion, sans trop de soin et qu’au final, faute d’une écriture plus travaillée au départ, on n’a même pas le plaisir d’une frousse popcorn.
Hum... ce film ne compte assez d'ingrédients pour jouer au bingo avec une grille de 36 cases, mais voilà quand-même les 15 ingrédients repérés
Personnage > Agissement
Annonce une remise en place douloureuse à « 3 » mais la fait à « 1 »
Personnage > Citation
Réfrène > « Wo-wo-wo-wo-wo ! »
Réalisation
Effet > Trajet qui se matérialise sur une carte – Fin > Épilogue au format texte – Habillage > Incrustation de texte sur l’écran : lieu, date, heure, etc. – Média > Point de situation par un reportage télé, radio ou presse écrite – Ouverture > Présentation écrite de l’univers, de la situation, du personnage, du contexte voire définition – Plan > Inserts d’images de caméscope/smartphone/d’écrans de télé/vidéosurveillance
Réalisation > Accessoire et compagnie
Enquête > Mur recouvert d’indices et de coupures de journaux – Fusée de détresse – Tension > Lumières qui grésillent
Réalisation > Audio
Bruit exagéré > Écho
Scénario > Contexte spatio-temporel
Bivouac
Scénario > Élément
Titre du film énoncé dans le film
Thème > N’importe quoi
Trop con·ne > Ces gens font des trucs complètement con
---
Barème de notation :
1. À gerber
2. Déplaisir extrême et très limite sur les idées véhiculées
3. On s'est fait grave chier
4. On s'est fait chier mais quelques petits trucs sympas par-ci par-là
5. Bof, bof ; pas la honte mais je ne le reverrais jamais ; y'a des bons trucs mais ça ne suffit pas
6. J'ai aimé des trucs mais ça reste inégal ; je pourrais le revoir en me forçant un peu
7. J'ai passé un bon moment ; je peux le revoir sans problème
8. J'ai beaucoup aimé ; je peux le revoir sans problème
9. Gros gros plaisir de ciné
10. Je ne m'en lasserais jamais