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Echec complet
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le 26 nov. 2025
Si le personnage du détective Dick Tracy est assez oublié de nos jours et encore plus de notre côté de l’Atlantique, ses aventures sur papier continuent d’être publiées dans son pays d’origine, ces bons vieux États-Unis, et ce depuis bientôt cent ans (!). Dick Tracy ne représente pas moins qu’un mythe américain, qui a été un succès dès les premières années de sa création en 1931 par Chester Gould, qui resta aux commandes jusqu’en 1977.
Sa notoriété tient dans l’originalité de sa proposition, un comic strip policier sérieux et bien renseigné sur les méthodes policières, où le détective Tracy doit défaire différentes énigmes et remonter la piste de différents criminels, le tout avec calme, logique et astuce, et s’il le faut avec ses poings ou son arme.
Dès 1937, Dick Tracy est le héros de quatre serials, ces ancêtres des séries télévisées qui étaient alors diffusés au cinéma, et qui furent bien souvent les premières adaptations sur écran de héros de bandes dessinées (Flash Gordon, Captain Marvel, Captain America, Superman, Batman & Robin, etc.).
Dick Tracy, toujours aussi populaire, relance encore de quatre après la guerre, mais cette fois-ci pour de « vrai », dans des films courts commandés par la RKO Pictures et qui ont tous été édités en DVD chez nous par Bach Films (merci). Le premier, Dick Tracy (ou Dick Tracy, detective) par William A. Berke témoigne d’ailleurs bien de la popularité du héros de Chester Gould, représenté dès la première image dans sa version papier, avec la signature de son créateur. L'avatar de papier est même présent sur l'affiche. Un rappel respectueux de ses origines BD qui reste plaisant à découvrir, ce n’est pas toujours le cas lors de ces adaptations.
Mais ce qui évoque bien la célébrité de Dick Tracy en ce temps, c’est que le film ne s’embête même pas à présenter le personnage, ni ses acolytes, et encore moins ses origines. Dick Tracy est sur pellicule, ce pourrait être sur papier. Heureusement, ses liens avec différents personnages sont aisément compréhensibles, à l’image de Pat Patton, son assistant, Tess, sa compagne, Junior, son fils (mais il faudra se renseigner en dehors du film pour découvrir qu’il est adopté).
C’est que Dick Tracy n’est pas seulement un fin limier, il a aussi une vie personnelle, tout de même malmenée par les différents rebondissements de l’enquête, à l’image du dîner toujours reporté entre lui et Tess. Le détective est ainsi sur les pistes d’un mystérieux tueur, qui prévient ses victimes qu’il les tuera si elles n’acceptent pas de verser la rançon demandée sur un petit papier et signée du nom du balafré. Mais rien ne semble relier les victimes, ni leur sexe, ni leur milieu, d’autant que certains ont été tués alors qu’ils avaient versé l’argent demandé.
Le mystère est là, quelques suspects sont possibles, et s’il ne faudra pas être regardant sur certains points, comme cet encart pseudo-mystique qui va donner la solution de ce point commun entre les personnes, l’enquête se laisse suivre. Elle est d’ailleurs constamment relancée par une nouvelle piste, un possible coupable ou une nouvelle victime, sans donner l’impression d’assister à ces séries B de 60 minutes qui allongent inutilement leur durée car elles n’ont rien à offrir.
En dehors de quelques meurtres auxquels le spectateur assiste, mais jamais trop frontalement, le film reste destiné au grand public. Les victimes retrouvées ont beau avoir la gorge coupée, il n’y a aucun sang sur place. Il ne faut ainsi pas s’attendre à un film noir (c’est noir il n’y a plus d’espoir) pur jus, même si le directeur William A. Berke en reprend certains codes visuels ou quelques éléments scénaristiques.
Le film laisse ainsi respirer son histoire policière avec ses personnages secondaires, montrant une facette complémentaire du détective, fin limier mais aussi astucieux, à la petite répartie efficace si besoin. Il s’agit ainsi d’offrir des moments plus légers, sans tomber dans la gaudriole, amusant le spectateur de la jalousie de Tess ou de l’ingéniosité précoce de Junior. La formule est même plus moderne que son noir et blanc, rappelant ces blockbusters actuels qui ne peuvent s’empêcher de désamorcer toute situation trop sérieuse par la petite blague. Dick Tracy a juste le bon goût de la remplacer par un peu d’esprit.
La mise en scène est efficace, les acteurs aussi, avec Morgan Conway, plus frêle que son homologue détective de papier, mais méthodique et humain. Il ne s’agit pas de grand cinéma, avec le faste (et la prétention) des plus belles productions, mais des métrages modestes mais honnêtes, dont le premier arrive à atteindre son objectif, celui d’offrir un divertissement réussi et respectueux de son aîné de papier.
Dick Tracy reviendra pour de nouvelles aventures, dont la plus récente a été le film de Warren Beatty de 1990 avec une certaine Madonna – la bande-son est chaudement recommandable. Mais le détective est depuis privé d’écrans, alors que le strip est toujours publié aux Etats-Unis, rappelons-le. Qui osera l’adapter à nouveau ?
Créée
le 31 juil. 2025
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