Die My Love
5.5
Die My Love

Film de Lynne Ramsay (2025)

Je suis Post-Partum, du Fort Boyard

Die My Love est un film dans lequel je me suis lancé en aveugle, sur la réputation d'une réalisatrice dont je n'avais vu aucune œuvre, en me fiant à un éclaireur enthousiaste qui ne l'avait pas encore visionné. Je suis suffisamment familiarisé avec son sujet pour l'avoir encaissé de façon bien plus personnelle que je l'aurais souhaité, et je ne peux pas dire que j'ai passé un très bon moment. Il rejoint cette petite famille de films, comme Requiem for a Dream ou Martyr, que j'ai adorés et que je compte bien ne jamais revoir.


Die My Love est un film pesant sur la dépression, qui aspire petit à petit votre joie de vivre en vous plongeant dans une atmosphère anxiogène et sans espoir, et en broyant systématiquement les petits éclats de bonheur qui semblent encore possibles. Deux heures durant, la caméra est vissée au personnage de Grace (incarnée par Jennifer Lawrence, que je découvre avec plaisir, et pour la première fois, dans un vrai rôle dramatique) et suit sa spirale destructrice d'une manière implacablement intime.


Le film oscille entre douceur et intensité, et contraste sa lenteur par de brusques éclats bruyants et choquants. Il aligne les scènes hallucinées, désespérées, parfois drôles (car Grace l'est souvent), et toujours touchantes. C'est par le regard de Grace, presque à la première personne, que l'on assiste à l'inexorable détérioration de son quotidien, de son entourage, et de son compagnon (Robert Pattison, simultanément à l'affiche de deux films sur des couples qui se délitent) et aux regards navrés, courroucés ou stupéfaits de ses 'proches' dont seule Pam (Sissy Spacek) semble prendre la mesure de ce que traverse la jeune femme, sans pour autant être capable de l'aider.


Le film parle de dépression post-partum, du regard des autres, de frustration sexuelle, de dynamiques de couple en chute libre, de fantasmes inassouvis, et aborde tous ces sujets avec une énergie douloureuse et épuisante. Le malaise est frontal, et rien ne nous est épargné, ce qui en fait un film dur, porté par une actrice habitée, tantôt sensuelle, animale et vibrante, tantôt amorphe et vidée de toute substance. C'est un film qui ne plaira clairement pas à tout le monde, mais s'il résonne avec votre vécu, il est si juste qu'il saura vous toucher.

Ezhaac
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Créée

le 13 mai 2026

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