J'ai lu quelque-part, au moment de la sortie de Différente, qu'il existait finalement assez peu de films réalisés sur le thème de l'autisme. C'est oublier que l'on trouve tout de même une grosse série, qui tourne depuis maintenant cinq saisons sur le service public. Je parle évidemment d'Astrid et Raphaëlle.
Et, bien que Différente soit un long métrage, avec ce que celà implique normalement de budget et de moyens et Astrid et Raphaëlle une simple série télé, la comparaison tourne facilement à l'avantage du second.
Pour commencer, bien qu'elles exercent toutes les deux le même métier de documentaliste, le personnage d'Astrid est mieux réussi, mais surtout bien plus sympathique et attachant que celui de Katia, l’héroïne de Différente. Car Astrid possède, comme beaucoup de personnes autistes de haut niveau, de nombreux centres d’intérêt, qui façonnent sa personnalité originale, mais étoffent aussi le contenu de la série elle même. A côté, le personnage de Katia nous apparaît surtout comme une stressée de la vie assez peu avenante/souriante. Rien, dans son comportement du départ n'indique sans équivoque de l'autisme. Le scénario aurait aussi bien nous emmener vers un burn out, ou un problème psychiatrique quelconque ça aurait été tout aussi crédible.
Et puis la différence, à ce niveau, tient aussi aux comédiennes. Dans les deux cas les personnages sont incarnés par des actrices neurotypiques, mais Sara Mortensen a plus de talent et de charme que Jenny Beth. Bien que cet aspect ne soit pas exempt d'une certaine subjectivité, je le concède.
Mais la comparaison ne s’arrête pas seulement aux personnages. Alors qu' Astrid et Raphaëlle, propose à chaque épisode, une véritable enquête policière (même si ce n'est pas l'aspect le mieux réussi de la série) dans laquelle les particularités de chacun jouent un rôle; le seul but du scénario de Différente est finalement de nous parler de l'autisme en lui même et conjugué au féminin. Objectif trés louable dans l'absolu, mais cinématographiquement assez pauvre. Donc passé les 20 premières minutes, tout commence à tourner autour de cette condition neurologique: l'angoisse de Katia par rapport à sa différence et les conséquences sur son comportement. Ensuite, on passe à son diagnostic, puis les difficultés de parler de ce dernier aux autres. Ça en devient rapidement assez suffocant. On frôle finalement d'assez prés le documentaire. Aspect qui est renforcé par la présence, parmi les comédiens, de l'experte autisme (et autiste) Julie Dachez. Elle est d'ailleurs probablement ce qu'il y a de mieux dans ce film qui est trop focalisé sur son propre sujet, pour parvenir le faire passer d'une façon agréable au sein d'une fiction.
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