Un dispositif théâtral et un dîner qui tourne mal, on ne peut pas dire qu'un vent de nouveauté souffle de ce côté-là d'Albion. Mais bon, je m'attendais à une variation pleine de cet humour anglais qui fait toujours mouche, alors j'ai accepté l'invitation. Sauf que ça ne casse vraiment pas trois pattes à un canard, côté intrigue : l'une des invitées se pend dans le jardin et un jeu de massacre mental commence entre les survivants pour dissimuler ce décès si malvenu, à l'heure où les hôtes sont sur le point de vendre leur maison. Il faut avoir grandi avec l'influence des tabloids pour comprendre la panique de ces bobos qui n'auraient qu'à appeler une ambulance en France. Là, ils se voient déjà en première page du Sun, parce que la suicidée est une autrice à succès, et privés de cette vente qui leur sauverait la mise, parce que Monsieur s'est lancé dans un projet architectural hasardeux. Tout est déjà un peu tiré par les cheveux, et ça ne va pas s'arranger : la patrouille de police, la voisine curieuse, l'acheteur antipathique... tout Londres va débouler dans ce salon survolté, où chacun verrouille ses émotions jusqu'à ce qu'elles aient la possibilité d'exploser brièvement. Répétitivement, aussi. J'ai trouvé le temps long, un vrai pensum. D'autant que personne là-dedans n'est sympathique. Il faut bien épingler les défauts de ces vilains bourgeois autocentrés qui se fichent du réchauffement climatique ou de la faim dans le monde, mais quand même. Finalement, c'est comme passer la soirée chez son patron qu'on n'aime qu'à moitié, ça détend autant. Et du coup, les comédiens, réduits à des archétypes fastoches, n'ont pas franchement l'air à l'aise. Bref, une mécanique grippée qui ne procure pas tellement de sensations cinématographiques.