Ne serait-ce que pour votre culture nanar, il est essentiel que vous voyiez ce film (comme on dit : ce n'est pas parce qu'on a détesté, que les autres n'aimeront pas, aussi : Dinosaur from the Deep est un mastodonte de la série Z "made in France" qu'il faut "goûter", au moins par politesse). Norbert Moutier, ce tenancier de vidéoclub gentiment zinzin et passionné de cinéma bis, rejoue aléatoirement Alien, le huitième passager et de Jurassic Park, version JouéClub, ce qui se traduit par un vaisseau spatial en plastique filmé en gros plan (on voit presque les doigts en-dessous qui le font "voler" sur le fond noir) et un T-Rex en plastique filmé sur un muret peint en bleu ciel (et on voit carrément l'ombre du jouet sur le mur). Les acteurs jouent monstrueusement mal, il faut voir le mec qui "ne porte pas secours" à la fille (alias : la nunuche qui court après son maquillage et tapote son ombrelle tout le film... Oui, la vision misogyne des femmes ne fait que démarrer) en étant ce pauvre gars qui reste les bras ballants (car on comprend que l'acteur ne sait pas quoi faire dans cette scène, alors il attend comme une vache qui regarde un train passer). La musique est un tambour frappé inlassablement en "1-2, 1-2, 1-2..." (ce qui rend fou), la "femme des cavernes" est juste une femme plantureuse en soutif léopard et mini-jupe, toujours filmé à ces deux endroits (on sait très bien à quel public ce film s'adresse), les dinos sont deux pauvres jouets secoués en contre-champs, et pour nous achever : le film dure 1h20. Pour nous : un des pires visionnages qu'on a subi, mais n'étant pas du tout réceptif aux films de Jean Rollin, et Norbert Moutier : allez le voir quand même, au mieux vous trouverez que le film est original, décalé, et drôlement kitsch, au pire, vous saurez ce que vous n'aimez pas dans le cinéma.