Coïncidence des programmations (en réalité pas tellement), le programme de "Dioses" réalisé par Josué Mendez ressemble à celui de "Une famille brésilienne" de Walter Salles et Daniela Thomas sorti la même année, une chronique familiale comme portrait d'une parcelle nationale, transposée ici de la pauvreté brésilienne à la classe supérieure péruvienne.
Il y a beaucoup de gestes qui ressemblent à des réflexes, des automatismes d'écriture, dans cette histoire et dans la description de cette cellule familiale favorisée. Le discours y est unilatéral, prévisible, peu original : c'est cette famille structurée en même temps qu'elle est cadenassée par le patriarche et avant tout par le pouvoir de sa fortune, lui, capitaine d'industrie. L'essentiel de l'action est contenu dans la villa familiale au bord de l'océan, avec la nouvelle femme 20 ans plus jeune, le fils Diego qui n'arrive pas à trouver sa place entre l'oppression d'un père qui attend de lui de reprendre les rênes de l'entreprise et une manifestation évidente de troubles sociaux, la fille Andrea principalement occupée par faire la teuf, et le cortège de domestiques qui papillonnent aux quatre coins de la maison pour faire la cuisine, le ménage, etc.
Le propos du film est assez classique, il porte sur la démonstration du caractère autarcique de cette vie, les enfants vivants reclus loin de la réalité du pays — le fils découvrira la pauvreté des quartiers populaires, la fille sera exilée à Miami suite à une grossesse accidentelle. Il s'acharne à montrer à quel point la famille est dysfonctionnelle à cause du manque de repères objectifs et la déconnexion physique autant que morale (les pulsions incestes du fils pour sa sœur). Il martèle son message sur les problèmes d'intégration de la progéniture du patriarche, le nombrilisme des uns et le nihilisme des autres, couvert d'une psychologie assez lourdingue et poussive pour illustrer un constat très convenu.