Film que j’ai maté pour ses retrouvailles Martin Campbell/Eva Green, dont je vénère la précédente collab Casino Royale, qui fut à sa sortie ma porte d’entrée à l’univers James Bond – passion jamais tarie depuis. (Et la comparaison s’arrêtera là, le film n’ayant – naturellement – rien à voir avec son illustre prédécesseur.)
Et bonne surprise dans son genre, puisque je m’attendais à un banal actioner moyen-oriental interchangeable, un peu cheapos et mou du genou, bazardé en DTV après avoir été torché par un Martin Campbell plus ou moins grabataire ; mais en fait ça va, puisque c’est d’une part assez con pour être amusant (et je mise sur un premier degré permanent de l’équipe du film, vraisemblablement réveillée d’un sommeil collectif démarré dans les années 80) et d’autre part tout à fait décemment branlé (80 piges au compteur lors du tournage, mais Martin Campbell en a étonnement encore sous le capot) ; et du coup, l’un dans l’autre, c’est plutôt rigolo.
Pour vous donner une petite idée du bordel, on parle d’un film qui s’ouvre sur Eva Green qui se fait (littéralement) lapider par des barbus en Shitholistan (zéro spoil, c’est vraiment le prologue du film), avant de nous montrer des djihadistes aller capturer des collégiennes, non sans avoir pris soin d’en balancer deux du toit de leur bahut – avec le petit plan qui régale des impacts au sol. Voilà pour les 10 premières minutes du film. Qui verra ensuite Eva Green (qui a la peau dure) et une équipe de nanas aller sauver les morveuses des griffes des méchants barbus (et leur chef qui est une enflure dont la boussole morale ferait même buguer Anton Chigurh), à grand renfort de Kalach, coups de couteau et répliques burnées.
En fait, pour schématiser grossièrement le film, il faut imaginer un truc écrit comme Rambo 3 mais shooté comme le 4 (et avec Eva Green en lieu et place de Sly, œuf corse). Je vois pas comment traduire plus simplement le projet.
Alors bien sûr, ce n’est pas sans fautes de goût certaines, comme ces satanées gerbes de sang numérique – un fléau –, cette Ruby Rose hétérosexuelle, ces répliques badass ou tentatives d’humour dont la moitié tombent à plat ; mais si vous êtes d’humeur à vous lancer un simulateur de rêve mouillé de George W. Bush (et je juge pas, on vit tous des soirs de doute), cherchez pas plus loin, le voici.
(dans le cas contraire, ne pas considérer cet avis comme une recommandation dudit film)