Sans doute le film souffre t-il d'une deuxième et troisième parties moins intéressantes, en tout cas moins denses, et de (très) étranges choix de doublage, entre anglais, français, un peu des deux, sans doute le résultat d'une négociation entre français et américains pour un résultat très peu convaincant. Pour le reste, ce récit raconté à travers trois points de vue, évitant habilement le mélo tout en réussissant à construire une vraie intensité dramatique, l'intrigue policière révélant quelques vraies surprises tandis que les différents rebondissements apportent toujours quelque chose.
Malgré une tonalité très sombre, l'œuvre laisse toutefois régulièrement une lueur d'espoir sans que celle-ci paraisse manufacturée, les différents regards se recoupant avec cohérence et apportant, mine de rien, un éclairage intéressant sur chacun d'eux. Enfin, si Bénénice Béjo est moyenne (comme souvent à l'époque), Jacques Gamblin et Didier Flamand sont totalement à la hauteur dans des rôles peu évidents. Imparfait, donc, le fait de placer l'action aux Etats-Unis n'apportant en définitive pas grand-chose (si ce n'est de respecter le roman dont il est adapté), mais un polar de qualité et intelligent, où comment plusieurs destins peuvent basculer tragiquement en quelques secondes : à découvrir.