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Nous entraînant dans l'obsession amoureuse d'un comptable provincial, Miller organise une mise en scène démontrant sa maîtrise du point de vue. On est principalement aux côtés de David (Gérard Depardieu), avant de glisser subtilement vers d'autres regards d'une scène à l'autre, notamment celle où nous suivons Miou-Miou jusqu'au chalet pour l'espionner.
L'approche de Miller n'est pas psychiatrique ; il n'y aura aucune explication concrète à cette obsession maladive. On peut donc d'emblée partir du postulat que c'est bien plus la dimension allégorique de l'affaire qui doit être perçue !
Depardieu, d'une douceur feinte, qui se marie très bien avec ces colères de désespéré et ces envolées lyriques qui le caractérisent bien. Miou-Miou est d'une timidité désarmante, Laffin d'une évanescente simplicité, et Clavier, lourd, apporte un contrepoint original au distancié Depardieu. Le film enchaîne quelques scènes magistrales qui seront des démonstrations de l'habileté de Depardieu et de la technique de Miller, terminant souvent ces scènes par des fondues en noir elliptiques, métaphore probable de l'abîme mental de notre héros solipsiste¹.
Le solipsisme caractérise également un autre héros du cinéma français de ces années-là, Franck Poupart du Série noire² de Corneau, porté par un Dewaere qui sera, comme notre héros, prisonnier d'un film noir, métaphore à peine voilée de sa propre prison mentale !
Dommage cependant que la fin soit gâchée par cette idée saugrenue, cette espèce de rewind dans une piscine, probable métaphore psychanalytique, sonne comme artificielle. Une idée conceptuelle qui appuie un peu trop le thème central, à défaut de lui apporter une conclusion digne de la hauteur de ses interprètes.
¹ Le solipsisme est une forme philosophique et métaphysique où le sujet a pour certitude d'être le seul réel.
² Série noire est un film néo-noir français réalisé par Alain Corneau, sorti en 1979.
Créée
le 5 févr. 2024
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