Avec cette adaptation du récit homonyme de Clémentine Autain, je pense que nous sommes vraiment dans un film qui divise tellement le sujet est traité d'une manière assez particulière. Effectivement puisque la réalisatrice, Romane Bohringer, ne se contente pas d'adapter le récit en question mais s'en sert pour raconter la sienne... tout en racontant celle de l'autrice.
L'enfance des deux femmes est en effet similaire, l’élément principal étant l’absence d’une structure parentale stable. Sujet fort et intéressant mais du coup, à raconter deux histoires similaires, on a souvent tendance à s'y perdre. De quelle enfance on est en train de parler ? Qui est la mère de qui ? À qui appartiennent ces souvenirs ?
Je dois dire que je n'ai pas vraiment accroché à l'ensemble, je me suis même bien souvent ennuyé car, en plus de ça, la réalisatrice nous sort beaucoup de plans face caméra dans lesquels l'autrice est en train de lire son livre. Ce qui confère une certaine délicatesse à l'ensemble mais qui peut très vite en devenir frustrant, d'autant plus que ces plans sont forcément très répétitifs et reviennent assez souvent dans le film.
Effectivement frustrant puisque nous sommes au cinéma, ainsi je n'ai pas envie qu'on me lise des évènements, j'ai envie qu'on me les montre. Et lorsque c'est le cas, la réalisatrice y parvient très bien avec ce style images d'archives qui rend très bien, nous plongeant encore un peu plus dans le réalisme de ces deux histoires parallèles. Et puis alors ne parlons pas de ce générique de fin qui nous sort complètement de l'histoire et dont on se demande sérieusement ce qu'il fait là, à tel point que je me demande s'il sera présent lorsque le film sortira en décembre.
Ainsi, même si je n'ai pas été spécialement réceptif à l'histoire, je ne peux m'empêcher de penser que "Dites-lui que je l'aime" est objectivement bon, de par cette manière qu'à la réalisatrice de se mettre à nue et de par cette mise en scène qui, lorsqu'elle n'est pas fixe, a le mérite de plonger le spectateur au cœur de ces souvenirs, plaisants ou non.