5
181 critiques
Banlieue-land
Le cinéma français contemporain, d’Audiard (Dheepan) à Sciamma (Bandes de Filles), tente de construire un regard sur la banlieue. Il cherche à s’accaparer cet univers qui, pour beaucoup, à commencer...
le 30 août 2016
Cannes semble s’être découvert un nouveau pouvoir politique incisif: Jacques Audiard l'année dernière ghéttoisait une famille tamoule fictive et remportait la plus haute distinction, Houda Benyamina va encore plus loin et starifie des gamines de banlieue en nouvelles Tony Montana des quartiers. Pas de Palme à son palmarès mais une Caméra D'or qui gargarise bruyamment sa scénariste et réalisatrice, forte d'un discours remarqué et commenté par tous les spécialistes. Vouloir braquer les projecteurs azuréens sur la misère sociale et sentimentale de ses habitants partait à n'en pas douter d'une très bonne intention.
Elles ne sont hélas ici qu'au service d'un film putassier, ou les quelques rares qualités sont facilement effacées sur l'autel d'une idéologie rance. Ou comment le proxénétisme et le deal deviennent les meilleures armes d'une jeunesse en déshérence. L'argent à tout prix quand l'école et la République refusent l'égalité des chances à ses enfants bâtards, un bien beau programme qui ne nous épargne aucun des chausses trappes attendus. Premièrement une représentation de la cité égale aux pires favelas brésiliennes, une imagerie que ne renierait pas Fox News. Deuxièmement un clivage raciale vu sous le seul angle d'une lutte pour le pouvoir entre "beurs" et "blacks" pour éviter de poser une problématique sociale autrement plus complexe. Troisièmement une religiosité factice qui pose un premier plan fugace sur une Mosquée au sortir d'une prière et un denier plan incendiaire ou le monstre rapace vaincu par ses démons prie en croix sur une musique Évangélique: entre les deux une esbroufe totale ou les Djinns parlent aux futures missionnaires et ou les Sonnâtes font office de cache misère sur la pauvreté du discours.
Et enfin, la note finale hystériquement démagogique qui nous renvoient à des images d'émeutes pas si lointaines (quelques plans l’annonçaient précédemment) pour dégueuler la haine de l'autorité de cette France inégalitaire. L'énergie des comédiens et le charisme de l'actrice principale ne peuvent pas grand chose face à ce désastre, pas plus que l’idylle naissante entre les deux tourtereaux. Il y'avait pourtant beaucoup mieux à faire avec ce corps musculeux dont la rage et la rugosité auraient pu être une superbe métaphore de l'envie d'élévation sociale avec de bons arguments scénaristiques. Les réactions extrêmes à l'encontre de mon avis personnel ne sauraient tarder.....
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes les films les plus surestimés et Les pétards mouillés
Créée
le 9 sept. 2016
Critique lue 899 fois
5
181 critiques
Le cinéma français contemporain, d’Audiard (Dheepan) à Sciamma (Bandes de Filles), tente de construire un regard sur la banlieue. Il cherche à s’accaparer cet univers qui, pour beaucoup, à commencer...
le 30 août 2016
7
61 critiques
La réussite. Dur d'y croire lorsqu'on vient d'une banlieue où le quotidien se résume au trafic, à la violence et à la religion. Pourtant, rien ne peut empêcher les rêves et les ambitions de naître...
le 2 sept. 2016
8
5 critiques
Oulaya Amamra. Il sera difficile de parler de ce film sans mettre le nom d'Oulaya Amamra à chacune des lignes de cette prose tant la performance de l'héroïne de "Divines" est à couper le souffle. Une...
le 25 août 2016
7
468 critiques
Abderrahmane Sissako est l’un des rares cinéastes africains contemporains à pouvoir trouver sa place dans le gotha du « World Cinéma » et c’est cette reconnaissance, française en premier lieu, et...
le 15 déc. 2014
4
468 critiques
Verhoeven se voudrait insolent et grivois, il n'est au mieux que pathétique et périmé. Son mysticisme atteint des sommets de kitch dans une parabole pécheresse qui manque clairement de chaire (un...
le 13 juil. 2021
1
468 critiques
RETOUR SUR LE FILM par le compte Facebook D'images et de mots qu'on peut facilement trouver. Voici toutes les raisons pour lesquelles il hors de question que je perde mon temps avec ce truc. Et au...
le 5 sept. 2024
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème