Dès le départ, le ton est donné. Django, tout de noir vêtu, tirant un cercueil dans la boue, un lynchage pur et simple, une ville fantôme crasseuse maintenue artificiellement par deux bandes criminelles...

Comme Eastwood arrivant dans un bel paumé tenu par deux bandes rivales, Django vient briser l'équilibre, pour des raisons qui ne regardent que lui, prêt à rapidement semer le chaos. Mais c'est bien là le seul point commun entre Django et Pour une Poignée de Dollars.
Pour le reste, Corbucci livre un film dont la forme est clairement inférieure à celle de celui de Lone (tout le monde n'est pas le Maestro), avec un acteur principal qui a des faux airs d'Eastwood, tente du jeu à la Estwood, mais n'est pas Eastwood.

Pourtant, ça marche. Oui, ça marche parce que ça reste efficace, même si certains moments manquent un peu de rythme et que la mise en scène est parfois très hasardeuse. Ça marche parce que Corbucci décide d'aller plus loin que Leone.
Leone était cynique et violent ? Corbucci sera nihiliste et violent.

L'épopée de Django n'est pas celle d'un cowboy solitaire et taciturne qui cherche la justice ou la vengeance (enfin, la vengeance, si, un peu) à sa façon. Django n'est pas loin de chercher la mort à chaque pas, à chaque action.

C'est sa façon de se sentir vivant et de survivre, sans doute. Jusqu'à la fin, Django ne fera que s'attirer tous les ennuis possibles, se définissant un destin où la mort l'attend partout.
Et c'est ce qui fait la force du film et lui donne son statut culte.

C'est noir, nihiliste, sans concession, avec des séquences cultes (la première fois que Django ouvre le cercueil, entre autres), et ça suffit à justifier le visionnage, malgré une forme et une musique où l'on retrouve divers classiques du genre.
Peu original, mais efficace et sombre.
Lonewolf
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les perles du western

Créée

le 14 avr. 2013

Critique lue 452 fois

Lonewolf

Écrit par

Critique lue 452 fois

4

D'autres avis sur Django

Django

Django

8

drélium

606 critiques

Dark Eastwood

Ah la vache, ça reste du bon Bis mais ça fait mal quand même... J'ai pourtant redécouvert avec une nostalgie émue Django traîner son cercueil dans la boue de la bourgade morte mais à mesure que ça...

le 31 janv. 2012

Django

Django

5

Gothic

324 critiques

Django Renard contre Jamie Foxx

Lacune vieille de plusieurs décennies, je m’étais juré de voir ce "Django" version Corbucci, après m’être délecté de l’essai Tarantinesque quasi-éponyme. Si Nero arrive à incarner ce personnage...

le 30 déc. 2013

Django

Django

4

Torpenn

1062 critiques

De la petite bière...

Adulé ici comme ailleurs à un niveau parfaitement incompréhensible, Django se révèle en tout cas parfaitement caractéristique du western spaghetti, les films de Leone s'apparentant de plus en plus...

le 31 janv. 2012

Du même critique

La Rafle

La Rafle

6

Lonewolf

634 critiques

Critique de La Rafle par Lonewolf

Je n'ai pas pleuré devant La Rafle. Ca, c'est fait, je fais désormais partie des pisse froid, inhumains, sans goût, nazis et sympathisants d'Hitler selon Rose Bosch (et je ne plaisante pas, elle a...

le 25 déc. 2010

La Jeunesse de Picsou 1/2 - La Grande épopée de Picsou, tome 1

La Jeunesse de Picsou 1/2 - La Grande épopée de Picsou, tome 1

10

Lonewolf

634 critiques

Critique de La Jeunesse de Picsou 1/2 - La Grande épopée de Picsou, tome 1 par Lonewolf

Vingt ans que l’on attendait ça. Une réédition intégrale et digne de ce nom du chef-d’œuvre ultime de Don Rosa, La Jeunesse de Picsou. Et c’est donc Glénat qui s’en charge, en nous offrant un double...

le 23 déc. 2012

Ghost Dog - La Voie du samouraï

Ghost Dog - La Voie du samouraï

9

Lonewolf

634 critiques

Critique de Ghost Dog - La Voie du samouraï par Lonewolf

Seconde réadaptation du Samouraï de Melville (après The Killer, de John Woo), Ghost Dog s'inscrit dans la lignée de réussite de ses 2 prédécesseurs. On renoue ici avec le calme du film originel, avec...

le 19 mai 2011