Voir ou revoir ce DJANGO reste un plaisir jubilatoire. Quand on a grandi en voyant les westerns de Sergio Leone ou même ceux d'Eastwood et qu'un beau jour on découvre un western beaucoup plus radical, anarchiste, bordélique et violent, le choc de la découverte laisse pantois.

Revoir ce film pour la énième fois, c'est comme retrouver un vieil ami avec qui on prend plaisir à boire une bonne bière.

DJANGO de Sergio Corbucci n'est pas qu'un film qui surfe sur le succès de POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS mais qui décide d'aller dans l'extrême (que ça soit dans sa violence, son sadisme), dans son joyeux bordel (Ruggero Deodato racontera dans les bonus du film que le scénario a été écrit au jour le jour, la réalisation complètement improvisée va à l'opposée de l'élégance d'un Sergio Leone).

Franco Nero en copie de Clint Eastwood (jusque dans son mimétisme) parvient à faire de son Django un personnage plus physique, plus sournois et encore plus mystérieux (le coup du cercueil quelle merveilleuse idée). Il devient littéralement l'étranger qui apporte la mort par où il passe.

En résulte un film bancal certes, mais qui se révèle plus jouissif et foutraque. D'ailleurs ce n'est pas pour rien si Quentin Tarantino cite plus souvent Sergio Corbucci que Leone dans ses influences (l'oreille coupée reprise dans RESERVOIR DOGS, la musique épique d'Ennio Morricone du MERCENAIRE dans KILL BILL VOL 2 jusqu'à aller faire un film qui s'appelle DJANGO UNCHAINED en ouvrant son film avec la même chanson et en faisant jouer le 1er Django: Franco Nero), Robert Rodriguez s'inspirera du cercueil de DJANGO pour sa célèbre trilogie de DESPERADO avec son héros qui se balade avec un étui de guitare rempli d'armes en tout genre.

Si Sergio Corbucci a réussi à ne pas tomber dans le bête copier coller avec DJANGO il réitèrera l'expérience avec le très célèbre radical et nihiliste LE GRAND SILENCE.

En résumé, DANGO reste un classique du western italien, un joyeux bordel violent, outrancier et jouissif.

Cinealex
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le 3 févr. 2024

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