Dogville, la ville minimaliste, faite de trait à la craie, sans intimité, la mise en scène fait penser à une pièce de théâtre, dans un unique décor, un plateau, un ciel soit noir, soit blanc, quelques habitants, à première vue tous sympathique.
Le film est assez long, presque 3 heures, et pourtant ces heures passent très rapidement, car chaque seconde du film est importante, Dogville c’est surtout une histoire, un conte qui nous est narré par un homme à la voix dénuée d’émotion, un homme qui nous lit son livre, et comme tout livre, Dogville n’a pas besoin d’un décor imagé et sophistiqué, il nous donne les bases, c’est au spectateur d’utiliser son imagination, car ici, il n’y a pas d’utilité à avoir un paysage détaillé, puisque l’histoire en elle-même suffit à capter le spectateur, c’est ce qui rend le film original.
Tout semble se passer bien pendant la première heure, puis la ville révèle petit à petit son vrai visage, elle montre de quoi elle est capable, commence alors la descente aux enfers pour la belle Grace (Nicole Kidman), qui ne demandait rien de plus qu’un refuge, qu’une ville où s’abriter, finalement prise au piège par la pire chose enfuit dans les êtres de Dogville, dans leur misère dépourvue d’humanité. Le résultat est un chef-d’œuvre bouleversant, parfaitement maîtrisé, qui pousse à la réflexion. Une œuvre qui parle de la violence, du mensonge, de la trahison et surtout de la vengeance.
Le final est puissant, on sait ce qu’elle a derrière la tête, et malgré toute l’horreur que c’est, on a envie qu’elle le fasse, le résultat en est que plus touchant, plus poignant, plus intense.
J’aurais mis beaucoup de temps avant de me lancer dans Dogville, je me rends compte aujourd’hui que je regrette de ne pas l’avoir regardé avant, parce que Dogville est un film incroyablement génial.