Que ce soit dans le cinéma ou dans la musique (particulièrement hip-hop), la Blaxploitation a eu un véritable impact sur la société américaine. Dolemite en est un de ses plus gros symboles.
Soyons clairs tout de suite. Dolemite reste un monument sociologique du cinéma américain dans la mesure où c’est un des gros fers de lance d’un mouvement profondément important pour les Etats-Unis et les droits des Noirs. Il en reste que Dolemite est un film scandaleusement mauvais. Le film est tout simplement ni fait ni à faire. Monument d’amateurisme criant pendant 90 minutes qui en paraissent le double à cause d’un manque de rythme impressionnant de la part de D’Urville Martin, aussi mauvais acteur que piètre réalisateur, le film ne parvient même pas à faire rire avec ses dialogues d’une bêtise abyssale, probablement voulue, certes, mais jamais vraiment hilarante. Il n’y a certes que deux ou trois one-liners de Rudy Ray Moore, comique à la ville, qui font mouche et quelques-uns de ses combats, Moore ne semblant pas être formé aux arts martiaux. Comme d’habitude dans ces films-là, le score d’Arthur Wright et les chansons très nombreuses sont bien plus intéressantes.
Dolemite est resté dans les mémoires grâce à son aura plus que grâce au film en lui-même et c’est tout à fait compréhensible quand on voit le niveau lamentable de l’ensemble.