Sganarelle est contraint de jouer les Don Juan pour sauver son maitre, le célèbre séducteur, des griffes du méchant Don Inigo.
Le film est alors constitué de quiproquos vaudevillesques et de considérations convenues sur l'amour, le vrai.
L'originalité du film relève de l'idée que la séduction de Don Juan ne dépend que de la légende qui le précède. On s'explique mieux ainsi que Sganarelle, malgré sa grossière imposture, et Fernandel, sous ses traits, puissent charmer tant de grandes dames d'Espagne.
Les auteurs ont sans doute le tort d'exploiter parcimonieusement les talents comiques de Fernandel, lequel, à l'occasion et en dépit de la nature du sujet et de son personnage, fait du Fernandel comme on le connait (et comme on l'aime ?), maladroit, peureux, ahuri. Car l'acteur est nettement moins convaincant lorsqu'il joue les amoureux.
Obligés de débiter des lieux communs sur le véritable amour, suivant le mode romantique et emphatique des années 50, Sganarelle et sa promise sont franchement ennuyeux. Dans ce double rôle, sentimental et comique, Fernandel est mal dirigé. La mise en scène n'a pas d'idées et la subtilité, ce n'est pas son truc. Je préfère retenir les quelques moments parodiques de ce film de cape et d'épée, et en particulier le duel de Sganarelle face à une
vingtaine de maris offensés.